La Tunisie est désormais "sur la bonne voie" en matière de lutte contre la torture, dont des cas persistent cinq ans après la révolution, grâce à la création d'un mécanisme de prévention, a affirmé à l'AFP le chef d'une délégation onusienne.
Un groupe d'experts de l'ONU a terminé vendredi une visite de trois jours à Tunis marquée par des rencontres avec des ministres, des ONG, mais aussi des membres de la nouvelle "Instance nationale de lutte contre la torture", élus fin mars par le Parlement.
La Tunisie est signataire depuis juin 2011 du "Protocole facultatif à la prévention de la torture", et une loi organique prévoyant la création de l'instance avait été votée en 2013.Mais cette structure tardait à prendre corps.
"Nous considérons (...) qu'il s'agit d'un événement historique puisque la Tunisie est le premier pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient à disposer d'un tel mécanisme", a déclaré à l'AFP le chef de la délégation de l'ONU, Hans-Jörg Bannwart.
"La Tunisie est sur la bonne voie", a-t-il ajouté.
M. Bannwart a toutefois fait valoir qu'il s'agissait désormais "de rendre ce mécanisme opérationnel", ce qui pourrait encore prendre "plusieurs mois".
"Nous avons encouragé les membres du mécanisme à (...) définir au plus vite leurs besoins et présenter leurs demandes de financement aux autorités", a-t-il relevé.
La nouvelle structure devra être à la fois "correctement financée et indépendante", ont ainsi souligné dans un communiqué publié vendredi les experts onusiens.
Une fois en place, l'instance aura pour mission de visiter "les lieux de privation de liberté et de formuler des recommandations à l'Etat", a indiqué Hans-Jörg Bannwart.Elle sera également associée "aux actes législatifs" et pourra mener des enquêtes sur "des plaintes individuelles de torture".
Fréquents durant les 23 années de dictature de Zine el Abidine Ben Ali, des cas de mauvais traitement persistent en Tunisie, selon les ONG.
Il y a certes "des développements très encourageants" dans le domaine des droits de l'Homme depuis la révolution de 2011, mais les "résultats sont plus décevants quand on en vient à la torture", avait estimé le rapporteur des Nations unies, Juan Mendez, lors d'une visite dans le pays il y a deux ans.
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