Amnesty International a accusé mardi l'Egypte d'avoir eu recours à des "arrestations massives d'une efficacité redoutable" pour empêcher la veille des manifestations contre le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi à l'appel de mouvements laïcs et de gauche.
Bravant l'interdiction générale de manifester sans autorisation, une cinquantaine de personnes ont fait irruption lundi sur une place du centre du Caire en scandant des slogans hostiles au gouvernement avant d'être dispersés.
La police a arrêté lundi et les jours précédents au Caire et à Alexandrie, dans le nord, des centaines de personnes appelant notamment à manifester sur les réseaux sociaux.
"Les forces de sécurité ont arrêté arbitrairement des centaines de personnes en réponse à l'appel à manifester hier" et "un grand nombre de membres des forces de l'ordre se sont déployés pour empêcher tout rassemblement au Caire", affirme mardi Amnesty International dans un communiqué.
Pour la seule journée de lundi, "au moins 238 personnes, dont des étrangers, des activistes et des journalistes ont été interpellés dans toute l'Egypte", poursuit l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme.Des dizaines de personnes, dont six journalistes étrangers brièvement interpellés pour vérification de leur accréditation, ont été relâchés rapidement lundi, avait constaté un journaliste de l'AFP.
Mais, mardi à la mi-journée, d'innombrables familles faisaient encore le siège de commissariats de police du centre de la capitale pour s'enquérir du sort d'un parent ou d'un ami toujours retenu, selon des journalistes de l'AFP.
"Les autorités égyptiennes semblent avoir orchestré une campagne sévère et redoutablement efficace pour empêcher ces manifestations avant même qu'elles ne commencent", accuse Amnesty, détaillant ainsi ses propos: "Arrestations de masse, rues bloquées, déploiement massif de forces de sécurité ont rendu impossible toute manifestation pacifique".
"Plus de 90 personnes ont été arrêtées" dans les quatre jours qui jours qui ont précédé lundi, la plupart étant maintenues en détention depuis sous "divers chefs d'inculpation" dont "violation de la loi antiterroriste", écrit Amnesty, citant le cas d'éminents défenseurs des droits de l'Homme et d'avocats accusés de "terrorisme".
L'AFP a tenté à de nombreuses reprises mardi de contacter le service de presse et les porte-parole du ministère de l'Intérieur pour une réaction au communiqué d'Amnesty, en vain.
Depuis que M. Sissi, alors chef de la toute puissante armée, a destitué le 3 juillet 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu en Egypte, les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent son régime de réprimer violemment toute opposition, multipliant arrestations arbitraires, condamnations à la peine de mort dans des procès de masse, disparitions forcées et actes de torture.
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