Une ressortissante américaine a été tuée mardi à Addis Abeba, victime d'un jet de pierre, lors d'une journée marquée par de multiples incidents dirigés contre le gouvernement et au cours desquels plusieurs entreprises étrangères ont été ciblées en région oromo (centre et ouest), a-t-on appris mercredi de source diplomatique.
Ces nouvelles violences font suite à la mort d'au moins 52 personnes dans une bousculade provoquée par des tirs de gaz lacrymogène de la part de la police, dimanche au cours d'un festival religieux oromo à Bishoftu, à environ 50 km au sud-est d'Addis.
La citoyenne américaine, dont l'identité n'a pas été précisée, voyageait à bord d'un minibus local dans un quartier périphérique de la capitale éthiopienne, quand le véhicule a été visé par des jets de pierre.La scène s'est répétée dans plusieurs quartiers de la capitale.
Elle "a été touchée par une pierre et est décédée des suites de ses blessures", a indiqué dans un communiqué l'ambassade américaine en Ethiopie.
De multiples incidents, essentiellement des manifestations spontanées organisées par des petits groupes de jeunes, ont été signalés mardi et mercredi aux alentours d'Addis et en région oromo.
Le réseau d'internet mobile était coupé mercredi dans la capitale, une mesure régulièrement prise par les autorités pour tenter d'empêcher la propagation d'appels à manifester.
En région oromo, la ferme fruitière néerlandaise AfricaJuice, située dans la vallée de l'Awash (sud), a été mise à sac par des manifestants.
"La ferme a été attaquée par un groupe de très nombreux manifestants.Ils ont causé des dommages importants et des pillages (...) Deux de nos employés ont été blessés", a précisé à l'AFP le directeur de la compagnie, Harry Van Neer.
La plupart des employés ont été évacués et la zone est encore "insuffisamment sécurisée" pour pouvoir se rendre sur place pour le moment, a-t-il ajouté.
Le saccage d'une cimenterie appartenant à l'homme d'affaire nigérian Aliko Dangote - détenteur de la plus grosse fortune d'Afrique- , près d'Adama (sud) a également été rapporté par la radio officielle Fana.
L'Ethiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région oromo au mois de novembre 2015, s'est étendu depuis l'été à la région amhara (nord) et dont la répression a déjà fait plusieurs centaines de victimes.
Une ferme horticole néerlandaise avait déjà été attaquée le mois dernier en région amhara (nord) près de Bahir Dar, également en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale.
La compagnie, Esmeralda Farms, a depuis annoncé qu'elle se retirait d'Ethiopie, considérée jusqu'ici par les investisseurs comme l'un des pays les plus stables et les plus sûrs du continent.
"Les investisseurs sont inquiets.Certains commencent à réclamer des clauses dans leur contrat demandant au gouvernement d'assumer la responsabilité si leurs installations sont endommagées", a confié à l'AFP un diplomate spécialiste des questions économiques, et parlant sous couvert d'anonymat.
Interrogé par l'AFP, Zhang Huarong, le président de la société chinoise Huajian, l'un des plus gros investisseurs étrangers en Ethiopie et qui exporte chaque mois trois millions de chaussures, se dit confiant.
"Des ministres éthiopiens m'appellent pour me dire qu'ils vont régler la situation.Nous sommes confiants dans la capacité des Ethiopiens à faire face.Nous ne partirons pas", a-t-il dit.
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