L'ex-Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan a été nommé mardi au nouveau poste de vice-président, numéro deux du pays, et a été remplacé dans la foulée par Amadou Gon Coulibaly, achevant ainsi une réorganisation institutionnelle en Côte d'Ivoire.
"Le président de la République a signé un décret portant nomination de M. Amadou Gon Coulibaly (57 ans) en qualité de Premier ministre, chef du gouvernement", selon les termes d'un communiqué présidentiel.
M. Coulibaly, un proche du président Ouattara qui a occupé les fonctions de secrétaire général à la présidence, doit "proposer un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais", selon la même source.
Membre du Rassemblement des Républicains (RDR) de M. Ouattara qui forme avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié, la coalition au pouvoir, le nouveau chef du gouvernement est également le député-maire de Korhogo, la principale ville du nord du pays.
Dans la matinée, M. Ouattara avait nommé M. Duncan, vice-président de Côte d'Ivoire, un poste nouvellement créé par la Constitution de novembre 2016 et faisant de lui, le numéro deux du pays.
"J'ai tenu à venir devant vous pour vous faire part de ma décision de nommer le vice-président de la République (...) Mon choix s'est porté sur Daniel Kablan Duncan, un grand serviteur de l'Etat", a déclaré M. Ouattara devant les députés ivoiriens réunis en session extraordinaire.
M. Duncan, 73 ans et élu pour la première fois député dans la circonscription de Grand-Bassam (sud) lors des législatives du 18 décembre 2016, avait démissionné lundi de ses fonctions à la tête du gouvernement, en prélude à son accession à la vice-présidence.
Le président Ouattara a salué "un homme de dévouement, un collaborateur loyal, une personnalité d'expériences dotée de qualités exceptionnelles, un patriote et un grand serviteur de l'Etat".
La nouvelle Constitution adoptée à l'initiative du président Ouattara prévoit la création d'un poste de vice-président qui sera le deuxième personnage de l'Etat, à l'image des institutions américaines.
A l'avenir, celui-ci sera élu en même temps que le président.Mais parmi les mesures transitoires prévues jusqu'en 2020, il revenait au président Ouattara, réélu pour un deuxième et dernier mandat en octobre 2015, de nommer son vice-président.
La démission du Premier ministre, lundi, avait été suivie dans la journée par la réélection à son poste du président de l'Assemblée nationale, de Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion qui a coupé la Côte d'Ivoire en deux, au début des années 2000.
La Constitution de la IIIe République en Côte d'Ivoire, relègue le président de l'Assemblée nationale, au quatrième rang dans l'ordre protocolaire, alors que la précédente loi fondamentale faisait de lui, le dauphin constitutionnel.
Ces changements politiques attendus, sont intervenus après une mutinerie des militaires qui avait paralysé le week end dernier Bouaké, deuxième ville du pays, et plusieurs autres agglomérations.
Les mutins dont la plupart sont taxés d'être proches de M. Soro, réclamaient notamment le paiement de primes, des augmentations de salaires et une promotion plus rapide entre les grades et des logements.
Un accord est intervenu dimanche dernier, entre les mutins et le ministre ivoirien de la Défense Alain-Richard Donwahi, après d'âpres négociations à Bouaké.
Dans l'attente de la satisfaction de leurs revendications, prévue pour vendredi prochain, la colère des soldats de Bouaké a fait des victimes.
Lundi, le président ivoirien a démis les chefs de l'armée, de la gendarmerie et de la police.
"Le paiement des primes aux mutins va constituer le premier gros dossier que devait traiter le prochain gouvernement", a souligné un analyste à Abidjan.
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