Un activiste et responsable de l'opposition sud-soudanaise a été arrêté au Kenya et risque d'être expulsé vers le Soudan du Sud, a affirmé mercredi l'ONG Human Rights Watch, qui craint qu'il soit détenu arbitrairement et torturé une fois à Juba.
Dong Samuel Luak, un avocat et activiste des droits de l'Homme sud-soudanais ayant rejoint l'opposition de ce pays en guerre depuis décembre 2013, a été arrêté lundi par les autorités kényanes, a indiqué HRW dans un communiqué.
"Des informations crédibles indiquent que M. Luak, qui a le statut de réfugié, est détenu aux quartiers-généraux de la police de Nairobi.L'accès à un avocat lui a été refusé et il fait l'objet d'un ordre d'expulsion", a précisé l'ONG.Il "risque sérieusement d'être détenu arbitrairement, torturé, et de faire l'objet d'autres abus s'il est renvoyé au Soudan du Sud".
HRW a dès lors appelé le Kenya "à respecter ses droits, lui garantir l'accès à un avocat et des responsables de l'ONU pour les réfugiés, et mettre un terme à toute procédure de déportation le visant".
"Ces dernières années, le Kenya a illégalement déporté plusieurs membres importants de l'opposition de pays voisins vers leur pays d'origine, malgré leur statut de réfugiés au regard de la loi kényane", a rappelé l'ONG."Les autorités kényanes doivent respecter leurs obligations au regard des lois kényanes et internationales".
Sollicitées par l'AFP, les autorités kényanes n'ont pas réagi aux accusations de Human Rights Watch.
Début novembre, le Kenya avait expulsé un porte-parole du leader de l'opposition Riek Machar, James Gatdet Dak, qui "se trouve en détention depuis lors, sans inculpation, aux quartiers-généraux des Services de sécurité sud-soudanais", selon HRW.
L'organisation s'est dite "très préoccupée quant à la possibilité que Dong Samuel Luak subisse le même sort, voire pire, s'il est renvoyé".
Dong Samuel Luak a été de 2002 à 2013 secrétaire général d'une ONG sud-soudanaise promouvant la justice, les droits de l'Homme et l'Etat de droit.M. Luak avait ensuite fui vers le Kenya en août 2013.Il avait fait l'objet de menaces de mort après avoir défendu un ancien responsable du parti au pouvoir accusé de trahison par le gouvernement sud-soudanais.
En octobre 2015, il avait été attaqué à son domicile à Nairobi par des hommes qui seraient, selon HRW, liés aux services de sécurité sud-soudanais.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés.Les deux camps sont accusés d'avoir commis des atrocités à caractère ethnique, dont des meurtres et des viols.
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