Les pères de la première série télé du Gabon se retrouvent... 40 ans après

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LIBREVILLE (AFP)

Le Gabonais Simon Augé et le Français Alain Ferrari, réalisateurs de la première série télévisée gabonaise, "Où vas-tu Koumba?", au moment où le petit écran était loin d'être dans tous les foyers, se sont retrouvés au Gabon, où le Français n'était pas revenu depuis 40 ans.

Ils ont été réunis par le 5e festival "Escales documentaires de Libreville" (22-27 novembre), où Alain Ferrari est venu présenter sa dernière réalisation, la série documentaire "Afrique(s), Une autre histoire du 20e siècle".

Lorsqu'ils se sont revus, ils se sont jetés l'un dans les bras de l'autre, racontent à l'AFP les deux hommes, attablés devant un verre au Centre culturel français (CCF).Le Français, chemise rouge, pantalon beige, n'a aucun caractère particulier, mais le Gabonais, chemise en pagne, ne passe pas inaperçu avec son physique de lutteur et son chapeau mou.

La série "Où vas-tu Koumba?", 13 épisodes de 15 minutes chacun, "est l'histoire d'un voyage", raconte Simon Augé, aujourd'hui "dans les affaires", ex-directeur de la télévision publique et du Centre national du cinéma (Cenaci), créé en 1975 et remplacé début 2010 par l'Institut gabonais du son et de l'image (Igis).

Le jeune Koumba, joué par Ndong Damas, "quitte son village pour aller vers la ville chercher l'argent nécessaire pour rembourser la dot de sa soeur.(...) Il traverse le Gabon et rencontre des paysages, des gens et des situations inattendus", autant de choses "utiles à sa formation d'homme", ajoute Augé.

"C'est l'équivalent d'un roman d'éducation", continue Ferrari.

1970.Le Gabon est doté depuis trois ans d'un "Service de l'éducation populaire" issu d'un réaménagement du "Service de l'éducation des adultes" et veut alors "faire des films de sensibilisation pour dénoncer les problèmes (...): exode rural, drogue, tribalisme", explique Augé.

Il est sollicité avec Ferrari comme réalisateur dans une équipe franco-gabonaise à part égale.

"Et tout s'est passé ici, depuis le tout début de la réflexion sur le scénario", jusqu'au montage en passant par le tournage, avec des comédiens "pratiquement tous" non professionnels, précise Ferrari.

"Nous, Français, on est resté ici à peu près un an et demi (...).Sur toute cette durée-là, on a travaillé en collectif", ajoute le réalisateur, ému, ajoutant: "Le souvenir le plus fort, c'est cette aventure-là, d'un bout à l'autre.(...) Il y a eu un échange qui est presque, sans doute, miraculeux".

Le Gabonais, lui, en retient un projet "extrêmement enrichissant au niveau des relations humaines, des échanges professionnels".

A sa sortie, en 1971, selon Augé, la série a été "très appréciée par les populations gabonaises"."Très apprécié également en France", d'après les deux hommes, qui ont ensuite chacun poursuivi leur "propre carrière", selon le Français, et sa "propre destinée" pour le Gabonais.

"Personnellement, moi je n'ai jamais eu l'occasion de revenir au Gabon depuis.(...) Je le regrette beaucoup, et j'ai été très content, mais super content même, qu'on m'ait invité" pour le festival, révèle Ferrari."Pour moi, c'est très émouvant, très agréable".

Les deux hommes ont pris de l'âge (et refusent de le révéler), mais s'il était question d'une suite de la série, Augé répond aussitôt: "S'il y a les moyens, s'il y a l'argent, Alain et moi, on s'(y) remet".

Et Ferrari ajoute: "Ah oui, on n'a pas divorcé, donc on peut se remettre en ménage!", puis tous deux éclatent de rire.

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