La dépouille de l'opposant historique congolais, �?tienne Tshisekedi, décédé le 1er février à Bruxelles devrait être transportée le 11 mars en République démocratique du Congo, après un mois de tergiversations.
Son décès, puis les tergiversations, ont bloqué l'application de l'accord de cogestion de la transition conclu le 31 décembre sous l'égide de l'épiscopat de la RDC entre le pouvoir et l'opposition après le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.
Président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et du "Rassemblement" d'opposition constitué autour de sa personne, M. Tshisekedi avait quitté la RDC pour suivre des soins médicaux en Belgique après avoir été désigné président du Conseil national de suivi de l'accord (CNSA), l'organe chargé du suivi dudit accord.
Ce compromis vise à faire sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir de M. Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dans un climat de violence ayant fait au moins 40 mort, selon l'ONU.
L'UDPS "a pris acte de la décision de la famille biologique du président Tshisekedi de rapatrier son corps le 11 mars 2017", selon un communiqué signé par le frère et l'épouse du vieil opposant décédé à 84 ans d'une embolie pulmonaire, selon le porte-parole du parti Augustin Kabuya.
Mais "il s'agit d'une date à titre indicatif", selon le ministre de l'Intérieur provincial de Kinshasa, Emmanuel Akweti.Selon lui, il appartient au "constructeur du site" d'enterrement de communiquer la date de la fin des travaux aux autorités de la ville et à la famille en vue de la détermination de la date définitive de mise à terre.
Mardi, la télévision publique a montré le gouverneur de la capitale congolaise effectuant une visite d'inspection des travaux de construction du lieu où sera enterré l'opposant dans un cimetière désaffecté du quartier huppé de Gombe, promettant que les travaux vont "s'achever dans 15 jours".
Mercredi à la mi-journée, un photographe de l'AFP à qui l'accès au site a été interdit, a constaté que les travaux étaient encore à l'étape d'abattage des arbres.
- Leadership contesté -
Emblématique et populaire, M. Tshisekedi est entré en dissidence contre le régime de Mobutu en 1980, avant de s'opposer à ses successeurs, Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), puis son fils Joseph Kabila.
Depuis son décès, les discussions sur l'application de l'accord du 31 décembre sur la mise en place d'un mécanisme de cogestion du pays avant une éventuelle élection présidentielle sont au point mort.
Le "Rassemblement" avait exigé la nomination d'un nouveau Premier ministre et l'investiture de son gouvernement avant le rapatriement de la dépouille, tandis que la majorité a conditionné la reprise des négociations sur l'application de l'accord de cogestion à l'organisation préalable de "funérailles dignes" pour M. Tshisekedi.
Le président Kabila, par l'intermédiaire des évêques catholiques, a demandé au "Rassemblement" de choisir un remplaçant à M. Tshisekedi.Ce dernier devrait présenter ensuite à Kabila trois candidats pour le poste de Premier ministre, mais le fils de l'opposant défunt Félix Tshisekedi est déjà présenté par certains comme le candidat naturel à la Primature.
Le leadership de Félix Tshisekedi est déjà boudé par ceux qui se considèrent comme "des héritiers idéologiques" au sein de l'UDPS.Et au Rassemblement, coalition hétéroclite dont Tshisekedi constituait le dénominateur commun, les opposants sont "incapables" de s'accorder sur un nouveau meneur.
Cette situation est favorable à la majorité puisque "plus ça traine, moins il sera possible d'organiser les élections fin 2017 comme prévoit l'accord de la Saint Sylvestre", estime Philémon Mwamba, professeur des Sciences politiques à l'Université de Kinshasa.
Lundi, les évêques ont invité pouvoir et opposition à "ne pas bloquer" le processus "par des man�?uvres dilatoires et par des intransigeances irréalistes".
La responsabilité du blocage de la machine politique en RDC incombe aux deux camps, tranche le politologue Justin Kankwenda Mbaya.
"Les politiques de tous bords ne sont pas prêts pour aller aux élections", estime le professeur Mwamba : "Tant que la rue ne les poussera pas, on pourra rester là pendant quelques années".
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