Quelques centaines de personnes ont de nouveau manifesté dans la nuit de lundi à mardi, sans incident, dans la ville d'Al-Hoceïma, épicentre depuis sept mois d'un mouvement de contestation populaire dans le nord du Maroc, a constaté un journaliste de l'AFP.
Comme chaque soir depuis dix jours, le rassemblement s'est déroulé dans le quartier de Sidi Abed, et réclamait la "libération" des activistes du "hirak" emprisonnés (la mouvance, nom du mouvement qui anime la contestation).
Les protestataires se sont regroupés à la rupture du jeûne du ramadan, et sous la surveillance des forces anti-émeutes.Ils brandissaient des portraits de Nasser Zefzafi, leader du "hirak" arrêté il y a une semaine, et scandaient leurs habituels slogans: "Nous sommes tous Zefzafi", "Pacifique", ou "Non à la militarisation"...
Le rassemblement s'est dispersé peu avant minuit et sans incident.
Al-Hoceïma est secoué depuis sept mois par un mouvement de contestation revendiquant le développement du Rif, région historiquement frondeuse et géographiquement enclavée, que les protestataires jugent "marginalisée" par l'Etat.
Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, avait interrompu le 26 mai le prêche de l'imam dans une mosquée.Une quarantaine de personnes, dont M. Zefazfi ont été interpellées depuis.Deux autres meneurs du "hirak" ont été arrêtés ce lundi à l'aube.
Vingt d'entre elles ont été présentées au parquet à Casablanca et placées en détention notamment pour "tentative d'homicide volontaire, atteinte à la sécurité intérieure, incitations contre l'intégrité du royaume (...) et autres crimes".
Des manifestations quotidiennes -nocturnes pour cause de ramadan- ont eu lieu toute la semaine dernière dans la ville d'Al-Hoceïma et la localité voisine d'Imzouren, autre haut-lieu de la contestation.Hormis quelques heurts ponctuels, le mouvement est resté "pacifique", mot d'ordre revenant en boucle chez les manifestants.
La mobilisation est néanmoins en baisse depuis trois jours à Al-Hoceïma, où la police se déploie chaque soir au coeur des quartiers protestataires.
Lundi soir, des représentants de la société civile et membres d'organisations des droits de l'homme étaient présents à la manifestation pour "faire un état des lieux" de la situation et tenter d'entamer un dialogue avec les contestataires, a-t-on constaté.
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