Les espoirs sont grands au Soudan de voir Donald Trump décider cette semaine la levée définitive des sanctions américaines contre Khartoum, bien que des organisations de défense des droits de l'Homme appellent à leur maintien.
"Le moment est venu de lever définitivement les sanctions" imposées depuis deux décennies au Soudan, a déclaré à l'AFP un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères, Abdelghani El-Naïm.
"Nous comptons sur le président Trump pour prendre cette courageuse décision, qui rendra heureux non seulement le peuple soudanais mais aussi toute l'Afrique", a-t-il dit.
En janvier, l'ex-président américain Barack Obama avait décidé de lever les sanctions économiques imposées au Soudan en 1997 pour son soutien présumé aux islamistes dont l'ex-leader d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden.
Cette décision s'accompagnait d'une période probatoire s'achevant le mercredi 12 juillet, et qui pourrait déboucher sur la levée totale et définitive des sanctions si les Américaines estiment que le Soudan a suffisamment progressé sur cinq points.
Ces points comprennent la fin du soutien aux groupes rebelles au Soudan du Sud, la fin des hostilités dans les provinces du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud ainsi qu'une coopération avec le renseignement américain dans la lutte contre le terrorisme.
M. Trump a trois options: lever définitivement les sanctions, étendre la période probatoire ou faire machine arrière en réinstaurant l'embargo.
"Le Soudan ayant réalisé de grands progrès sur ces cinq points, il est maintenant logique que les sanctions soient levées", a déclaré le responsable soudanais.
- 'Amélioration notable' -
Les autorités soudanaises font régulièrement valoir le soutien de Khartoum aux services de renseignements américains dans la lutte antiterroriste et l'aide apportée aux centaines de milliers de réfugiés sud-soudanais ayant fui la guerre civile et la famine dans leur pays.
Le chargé d'affaires américain au Soudan, Steven Koutsis, avait indiqué en juin que Khartoum avait fait preuve d'une "extrême retenue" face aux rebelles au Darfour, Nil-Bleu et Kordofan-Sud.
Les Nations unies ont, elles aussi, dit espérer que les Etats-Unis annonceraient une "décision positive" sur les sanctions en faisant état d'une "amélioration notable" dans l'accès humanitaire à des zones de conflit ces six derniers mois.
"Ces derniers mois, les agences de l'ONU et leurs partenaires ont pu travailler de plus en plus dans des zones qui étaient auparavant inaccessibles, et d'y fournir des aides humanitaires", ont-elles indiqué dans un communiqué.
Les sanctions américaines ont durement marqué l'économie soudanaise touchée par l'inflation, une flambée des prix des denrées et une hausse du chômage.
Leur levée "nous ouvrira de nouvelles opportunités, inexistantes ces 20 dernières années, comme accéder à des prêts", a indiqué le ministre des Finances Mohamed Al-Rikabi dans une interview à un quotidien local.
Mais selon un diplomate européen, il est possible que les sanctions ne soient pas levées dès cette semaine.
- Violations persistantes -
"Il n'est pas logique que d'un côté Washington interdise l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants soudanais et que, de l'autre, il lève les sanctions", a-t-il confié sous le couvert de l'anonymat.
L'administration Trump a inclus le Soudan dans un décret migratoire controversé interdisant temporairement l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de cinq autres pays musulmans --Syrie, Libye, Iran, Somalie et Yémen.
Des organisations de défense des droits de l'Homme et des centres de réflexion ont de leur côté exhorté Washington à maintenir les sanctions, invoquant les violations des droits de l'Homme commises par le pouvoir.
Khartoum continue de réprimer des voix indépendantes et a échoué à contenir "des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au Darfour et dans d'autres zones de conflit", a plaidé Human Rights Watch en janvier après la décision de M. Obama de lever les sanctions.
Selon l'ONU, au moins 300.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions déplacées depuis le début en 2003 de la guerre au Darfour, pour laquelle le président soudanais Omar el-Béchir est accusé de génocide.
Ce conflit a débuté quand des insurgés issus de minorités ethniques, qui s'estiment politiquement et économiquement marginalisés, se sont soulevés contre le régime de Khartoum dominé par les Arabes.
"L'administration Trump doit reporter sa décision de lever les sanctions", selon l'ONG Enough Project basée à Washington.
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