La prochaine audience du procès de l'attentat du musée du Bardo à Tunis, une attaque jihadiste qui a fait 22 morts dont 21 touristes étrangers en 2015, a été fixée au 31 octobre, a-t-on appris mercredi auprès du parquet.
Ce procès s'est ouvert en toute discrétion, et de manière purement "formelle", mardi devant le tribunal de première instance de Tunis, en présence des 22 accusés en état d'arrestation.Il a aussitôt été reporté et la prochaine audience a été fixée au 31 octobre, a indiqué à l'AFP le parquet de Tunis.
Dans cette affaire, quatre accusés sont également jugés en état de liberté, a précisé à l'AFP une source proche du dossier, sous le couvert de l'anonymat.
"C'était une simple audience de procédure, très formelle", a signalé cette même source, présente mardi au tribunal.
Une trentaine de personnes en fuite font également l'objet de poursuites mais l'instruction les concernant est toujours en cours, a-t-elle ajouté.
Les accusés, dont l'identité n'a pas été divulguée, seront jugés en vertu de la loi antiterroriste adoptée à l'été 2015.Ils sont ainsi passibles de la peine capitale, mais cette sentence fait l'objet d'un moratoire depuis 1991 en Tunisie.
Le 18 mars 2015, deux assaillants avaient ouvert le feu au musée du Bardo, tuant 21 touristes -dont quatre Français- et un policier.Six autres Français avaient été blessés dans cette attaque revendiquée par le groupe �?tat islamique (EI).
Dans la foulée, les autorités tunisiennes avaient procédé à l'arrestation d'une vingtaine de personnes, en affirmant avoir démantelé "80% de la cellule" impliquée.Quelques mois plus tard, huit d'entre elles, dont l'homme un temps présenté comme le principal responsable, avaient toutefois été relâchées.
Durant l'enquête, les avocats des parties civiles françaises ont dénoncé à plusieurs reprises des "zones d'ombre".Joint par l'AFP, Me Gérard Chemla, qui représente "27 parties civiles", a déploré des "dysfonctionnements" et regretté "une instruction à laquelle nous n'avons été que très peu associés".
Par ailleurs, la source proche de l'enquête a de son côté affirmé que des avocats avaient demandé mardi de joindre les affaires du Bardo et de Sousse, "certains accusés étant poursuivis dans les deux procédures".
Mais cette requête a été "rejetée", selon lui.
Le procès de l'attentat du 26 juin 2015 à Sousse (38 touristes tués dont 30 Britanniques), également revendiqué par l'EI, s'est ouvert en mai à Tunis.
Vingt-six personnes sont poursuivies, dont six membres des forces de sécurité accusés de "non assistance à personne en danger".Les 20 autres accusés, tous Tunisiens, répondent de "crimes terroristes", "homicide" et "complot contre la sûreté de l'�?tat".La prochaine audience aura lieu le 3 octobre.
Après sa révolution en 2011, la Tunisie a fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée responsable de la mort de 59 touristes mais aussi de plus d'une centaine de soldats et de policiers, et d'une vingtaine de civils.
Malgré l'accalmie actuelle, le pays reste sous état d'urgence.
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