Côte d'Ivoire: scènes de guerre à Abidjan, le camp Gbagbo garde la TV d'Etat

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ABIDJAN (AFP)

Abidjan a été jeudi le théâtre de scènes de guerre entre forces fidèles à Laurent Gbagbo et les partisans de son rival Alassane Ouattara, qui ont échoué dans leur plan de prendre le contrôle de la télévision d'Etat ivoirienne.

Au moins six personnes ont été tuées et huit blessées dans ces affrontements qui ont gagné le centre du pays, selon un bilan provisoire de sources concordantes.

Le camp de M. Ouattara a appelé à la poursuite de la mobilisation populaire et ses alliés des Forces Nouvelles (FN), l'ex-rébellion qui tient le nord du pays, ont fait mouvement vers le sud en direction de la capitale politique Yamoussoukro.

En fin de matinée, de vifs échanges de tirs ont eu lieu à proximité de l'hôtel du Golf, quartier général à M. Ouattara, l'un des deux présidents proclamés, entre combattants des FN et les Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles à Gbagbo.

L'objectif des FN était de prendre un barrage sur la route qui passe devant l'hôtel pour aller à la radio-télévision RTI où Guillaume Soro, Premier ministre de M. Ouattara et chef des FN, voulait se rendre avec le maximum de partisans pour installer un nouveau directeur.

 En début d'après-midi, les tirs ont cessé et les FDS, qui ont reçu du renfort, tenaient toujours le barrage, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les FN ont eu à déplorer "deux morts" et "un blessé" dans leurs rangs, a indiqué l'entourage de M. Soro.

Plus tôt dans la matinée, au moins quatre personnes ont été tuées lorsque les FDS ont dispersé dans des quartiers populaires d'Abidjan des partisans de M. Ouattara qui voulaient marcher sur la RTI.

A Adjamé (nord), un photographe de l'AFP a vu les corps de trois personnes tuées par balles.A Koumassi (sud), la Croix-Rouge a emporté le corps d'une victime également tuée par balle, a-t-on constaté.

Des journalistes de l'AFP ont également pu voir trois jeunes étendus à terre, inertes, dans le quartier d'Abobo (nord), bastion de M. Ouattara.Entre 300 et 400 jeunes pro-Ouattara venaient d'être dispersés par les forces de l'ordre.

Au moins sept personnes ont été blessées par balles à Yamoussoukro, où les forces de l'ordre ont dispersé de nouvelles manifestations après celles de mercredi, selon des témoins.

Dans l'ex-zone tampon séparant les parties au conflit en 2002-2003, des échanges de tirs ont également eu lieu entre FN et FDS à Tiébissou (centre), alors que les éléments ex-rebelles tentaient de descendre sur Yamoussoukro.

M. Soro a appelé "à la mobilisation", exhortant les Ivoiriens "à ne pas se laisser distraire par cette dictature des chars, et à réclamer la liberté de l'information pluraliste par les médias d'Etat".

Les partisans de M. Ouattara ont échoué à prendre la RTI, pilier du régime de M. Gbagbo, et enjeu majeur de la lutte entre les deux présidents proclamés.

Ils ont annoncé qu'ils devaient marcher vendredi sur le siège du gouvernement, la Primature, dans le quartier administratif du Plateau.

M. Ouattara a été désigné vainqueur de la présidentielle par la commission électorale, mais le Conseil constitutionnel, acquis au sortant, a invalidé ces résultats et proclamé la victoire de M. Gbagbo.

La communauté internationale a quasi-unanimement reconnu la victoire de M. Ouattara au scrutin du 28 novembre et appelé M. Gbagbo à céder le pouvoir.

La France ainsi qu'une vingtaine d'ONG ont lancé un appel au calme aux deux camps.L'armée, fidèle à Gbagbo, avait averti qu'elle tiendrait l'ONU, qui selon elle soutient la marche, responsable d'éventuelles violences.

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