La justice tunisienne a renvoyé mardi au 9 janvier le procès de l'attentat du musée du Bardo, au cours duquel 21 touristes avaient été tués en mars 2015.
A l'issue de la deuxième audience du procès à Tunis, le juge a pris cette décision "à la demande des avocats de la partie civile et rejeté toutes les demandes de libération" d'accusés, a déclaré à l'AFP le porte-parole du Pôle antiterroriste Sofiène Sliti.
L'audience, en présence de 18 des 26 prévenus, d'avocats français et d'un proche de victimes, avait été levée au bout de deux heures et demie.
"Nous avons demandé le report parce qu'il s'agit d'un dossier volumineux (...).Nous souhaitons que le report soit d'au moins un mois mais qu'il ne dépasse pas les trois mois", avait alors indiqué à l'AFP Me Imed Belkhamsa, avocat d'une trentaine de victimes étrangères.
Les avocats des accusés ont également demandé un report pour préparer "des éléments de défense".
La salle avait été placée sous haute sécurité et l'audience était traduite en français en simultané.
Vingt-six personnes --22 en détention et quatre en liberté-- sont poursuivies, selon une source judiciaire.Parmi elles figure un policier accusé de non-assistance à personne en danger, a indiqué à l'AFP son avocat.
Mardi, 18 accusés dont deux femmes étaient présents à la barre.
- 'Transparence, vérité' -
Après une ouverture du procès en catimini en juillet pour laquelle les parties civiles n'avaient pas reçu de convocation, certaines d'entre elles étaient représentées mardi par un conseil français qui avait fait le déplacement.
"On est là simplement pour demander justice.La justice, c'est la transparence, la vérité, l'accessibilité.On ne demande que ça", a déclaré Gérard Chemla, avocat de 27 des parties civiles.
"Nous souhaitons que nos clients puissent assister à l'audience à distance et que les ministères français et tunisien mettent en place les défraiements nécessaires pour que les victimes puissent suivre le procès et avoir une défense correcte", a-t-il poursuivi.
Les accusés sont jugés en vertu d'une loi antiterroriste adoptée à l'été 2015.Ils sont passibles de la peine capitale, mais cette sentence fait l'objet d'un moratoire depuis 1991 en Tunisie.
Le 18 mars 2015, deux assaillants avaient ouvert le feu au musée du Bardo, tuant 21 touristes -dont quatre Français- et un policier tunisien.Six autres Français avaient été blessés dans cette attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).
Après sa révolution en 2011, la Tunisie a fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée avec, outre l'assaut au musée du Bardo, un attentat dans une station balnéaire près de Sousse (38 touristes tués) et de nombreuses attaques meurtrières contre les forces de sécurité.
Malgré l'accalmie actuelle, le pays reste sous état d'urgence.
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