Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est dit samedi "très confiant" de remporter les prochaines élections que son parti a fixé sans surprise à 2011 avec pour candidat à la présidentielle le chef de l'Etat.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, ex-opposition) du Premier ministre Morgan Tsvangirai a aussitôt fait savoir que la présidentielle pouvait avoir lieu en 2011 mais a réclamé des législatives en 2013.
Le président Mugabe, 86 ans, s'est dit "très confiant" de remporter ces élections.Interrogé par des journalistes si les élections seraient libres et équitables, il a répondu: "comme elles le sont d'habitude".
Son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), en congrès jusqu'à samedi soir, "a unanimement choisi le président comme candidat du parti à la présidentielle pour les élections générales de 2011", selon ses délibérations.
Il a accédé aux souhaits du chef de l'Etat qui réclamait depuis octobre la fin du gouvernement d'union avec le MDC et l'organisation d'élections mi-2011 même si l'adoption d'une nouvelle Constitution, posant les conditions d'un scrutin libre et équitable, soit au point mort.
Ce gouvernement, formé en février 2009 avec son rival Tsvangirai afin de sortir le pays d'une grave crise politique et économique, connaît de profonds désaccords et ne fonctionne pas, selon M. Mugabe.
"Nous sommes bien sûr un train rapide, ravitaillé et lancé.Ce qui se trouve sur le passage de ce train risque d'être écrasé", a-t-il déclaré samedi soir lors de la clôture du congrès annuel de son parti à Mutare (est).
"Laissons les autres partis faire attention, notre train est en marche.(La défaite électorale de) 2008 ne reviendra jamais, jamais, jamais", a-t-il lancé aux 4.300 délégués.
Mais pour de nombreux analystes et diplomates occidentaux, précipiter ces scrutins reviendrait à justement répéter le scénario de 2008.Le MDC avait alors remporté les législatives et son leader était arrivé en tête du premier tour, mais il avait renoncé à participer au second tour en raison des violences qui avaient secoué le pays après la défaite historique du parti présidentiel.
Le MDC s'est dit samedi en faveur d'une élection présidentielle en 2011 "afin de mettre fin au conflit entourant cette élection".
Sur le plan économique, M. Mugabe a également fait savoir que des entreprises britanniques et américaines seraient saisies si les sanctions contre lui et ses proches n'étaient pas levées par l'Union européenne et les Etats-Unis.
La conférence a décidé de lancer "une campagne internationale contre les sanctions imposées sur le pays".
"Nous ne sommes pas idiots.Pourquoi Rio Tinto, pourquoi Anglo American devraient prendre notre or?Cela doit cesser.Si les sanctions persistent, alors ce procédé va s'arrêter", a-t-il insisté.
Selon les analystes, ces menaces ont simplement pour but de contenter les militants."Il leur dit ce qu'ils veulent entendre.Il n'a pas la capacité de nationaliser et payer des compensations pour les actions", souligne John Makumbe, professeur de sciences politiques à l'Université du Zimbabwe.
"Il fait juste de la politique politicienne", note cet expert.
Le président Mugabe a fait preuve de la même intransigeance envers Roy Bennett, le trésorier du MDC accusé de complot contre le chef de l'Etat.Il n'a pu prêter serment en tant que vice-ministre de l'Agriculture même après son acquittement, le parquet ayant fait appel.
"Il n'aura jamais ce poste", a affirmé samedi soir le chef de l'Etat.
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