Référendum au Soudan: les influents voisins Moubarak et Kadhafi discutent avec Béchir

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KHARTOUM (AFP)

 Les dirigeants égyptien Hosni Moubarak et libyen Mouammar Kadhafi s'entretenaient mardi avec le président soudanais Omar el-Béchir afin d'assurer une issue pacifique au référendum d'indépendance du Sud-Soudan qui pourrait mener à la partition du plus grand pays d'Afrique.

MM.Kadhafi et Moubarak sont arrivés, l'un après l'autre, en milieu d'après-midi à l'aéroport de Khartoum, accueillis par le raïs soudanais Omar el-Béchir, selon un journaliste de l'AFP sur place.Les chefs d'Etat n'ont fait aucune déclaration à leur arrivée.

Les entretiens de Khartoum visent à "discuter des moyens d'aider les partenaires soudanais à parvenir à un accord sur les questions en suspens qui empêchent la réalisation complète" de l'accord de paix de 2005, selon l'agence égyptienne Mena.

Le vice-président soudanais Salva Kiir, également président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, doit aussi participer à ces discussions cruciales.

Les Sud-Soudanais sont appelés à choisir entre l'indépendance de leur région ou son maintien dans le cadre d'un Soudan unifié, lors d'un référendum prévu le 9 janvier.

Ce référendum est le point-clé de l'accord de 2005 qui a mis fin à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien, un conflit ayant fait environ deux millions de morts.

Nordistes et sudistes discutent depuis juillet de quatre enjeux post-référendaires clés: la citoyenneté, le partage des ressources naturelles et en particulier du pétrole, la sécurité, et le respect des accords internationaux, y compris sur la répartition des eaux du Nil.

Le Parti du congrès national (NCP, nord) et le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, sud) doivent aussi trouver un terrain d'entente sur la question d'Abyei, une région contestée située à la lisière du Nord et du Sud et revendiquée par les deux parties.

L'indépendance du Sud-Soudan, vaste région traversée par le Nil blanc, est un sujet sensible pour Le Caire car elle pourrait affecter le quota d'eau du célèbre fleuve accordé à l'Egypte.

Des traités de 1929 et 1959 accordent à l'Egypte des droits sur 55,5 milliards de m3 et au Soudan 18,5 milliards, soit au total 87% du débit du fleuve le plus long d'Afrique.

Plusieurs analystes anticipent aussi une recrudescence des combats au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis sept ans à une guerre civile complexe.L'éventuelle indépendance du Sud peut en effet redessiner la carte du Soudan et changer le rapport de force entre la rébellion du Darfour et le pouvoir central de Khartoum.

Le chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, Khalil Ibrahim, se trouve depuis plusieurs mois à Tripoli après avoir été expulsé du Tchad, son ancienne base arrière.

Les autorités à Khartoum étaient ravies de la visite des deux ténors du monde arabe, après l'affront subi fin novembre lors d'un sommet Europe-Afrique à Tripoli, où le président soudanais avait dû renoncer à se rendre.

Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis mars 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, a voyagé à quelques reprises en Libye et en Egypte, mais c'est la première fois que ses deux puissants voisins lui rendent la pareille.

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