Les forces de sécurité étaient en alerte mardi au Kenya, au lendemain d'un attentat à la grenade ayant fait trois morts à Nairobi contre un bus assurant la liaison avec la capitale ougandaise Kampala, et que la police a lié aux islamistes somaliens shebab.
L'explosion a eu lieu lundi en début de soirée en plein centre de la capitale kényane, dans une rue généralement très fréquentée où stationnent de nombreux mini-bus, au moment de l'embarquement des voyageurs dans un bus en partance pour la capitale ougandaise.
"Nous avons confirmé que l'un des trois tués est un suspect.Il portait le bagage contenant une grenade de fabrication russe qui a explosé", a déclaré à la presse le chef de la police kényane, Mathew Iteere.
"Nous sommes sûrs à 90% qu'il transportait la grenade en Ouganda.Il est devenu nerveux à la fouille de sécurité avant d'entrer dans le bus et a laissé tombé l'engin", a expliqué M. Iteere.
L'explosion, de faible puissance, n'a endommagé que légèrement le bus rouge marqué d'un "Kampala Coach" en grosses lettres jaunes.
Le suspect, de nationalité tanzanienne, se nomme Albert John Olando Mulando.Il ne portait aucun document d'identité sur lui, à l'exception d'un passe délivré le 23 octobre à son entrée sur le territoire kényan par le poste-frontière de Loitoktok (sud-ouest).
"Nous ignorons ses motivations exactes, mais nous faisons le lien avec les shebab et leurs menaces répétées", a affirmé le chef de la police.
"L'homme agissait seul et n'avait pas de complice.Il était en possession d'un petit carnet avec des numéros de téléphone que nous essayons d'identifier", a ajouté M. Iteere, qui a appelé les Kényans "à être en alerte et à prévenir la police de tout comportement suspect (...)".
L'attaque n'a pas été revendiquée.Elle est intervenue le jour-même où le chef de la police en Ouganda faisait état publiquement de possibles attentats islamistes à Kampala, liés au déploiement de troupes ougandaises en Somalie, à l'approche des fêtes de fin d'année.
"Je n'ai pas encore reçu les détails de l'explosion de Nairobi mais il est fort probable que les shebab soient à l'origine de l'incident", a estimé mardi le chef de la police, le général Kale Kayihura, qui a de nouveau appelé à la vigilance.
Le 11 juillet, des attentats à la bombe contre deux restaurants de Kampala qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football avaient fait 76 morts.
Ils avaient été revendiqués par les insurgés somaliens shebab qui se réclament d'Al-Qaïda, affirmant avoir agi en représailles au déploiement à Mogadiscio de 8.000 militaires ougandais et burundais d'une force de paix africaine (Amisom) en soutien au gouvernement de transition (TFG).
Mardi matin, la police kényane a "renforcé" ses patrouilles dans tout Nairobi et particulièrement près des rues fréquentées et des stations de bus.
A cette époque, de nombreux habitants se rendent en province pour les vacances alors qu'arrivent en masse dans le pays des touristes étrangers pour profiter des safaris et de la saison chaude sur la côte de l'océan Indien.
Début décembre, trois officiers de police avaient été tués à Nairobi lors de deux attaques séparées à la grenade et au pistolet.
Le motif de ces attaques reste pour le moment inconnu mais les autorités ont demandé l'aide du FBI américain et ont arrêté les jours suivants des centaines de personnes dans le quartier somalien d'Eastleigh.
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