Les dirigeants égyptien Hosni Moubarak et libyen Mouammar Kadhafi ont tenu mardi un mini-sommet éclair avec le président soudanais pour assurer une issue pacifique au référendum d'indépendance du Sud-Soudan qui pourrait mener à la partition du plus grand pays d'Afrique.
MM.Kadhafi et Moubarak sont arrivés, l'un après l'autre, en milieu d'après-midi à l'aéroport de Khartoum, accueillis par le président soudanais Omar el-Béchir, selon un journaliste de l'AFP sur place.Les deux chefs d'Etat ont quitté après avoir passé moins de trois heures en sol soudanais.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, ont aussi participé à ces discussions.
"Le sommet reconnaît la profondeur des liens entre le Nord et le Sud du Soudan et l'importance de bâtir des relations solides fondées sur un bénéfice mutuel, la paix, la stabilité et le développement économique", a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit après les discussions.
"Les deux parties se sont engagées à maintenir une relation de coopération fondée sur ces principes", a-t-il ajouté.Le Nord et le Sud du Soudan se sont aussi engagés "à omettre tout événement pouvant perturber la tenue du référendum", a-t-il ajouté, sans fournir plus de détails sur les discussions.
Les Sud-Soudanais sont appelés à choisir entre l'indépendance de leur région ou son maintien dans le cadre d'un Soudan unifié, lors d'un référendum prévu le 9 janvier.
Ce référendum est le point-clé de l'accord de 2005 qui a mis fin à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman, et le Sud, en grande partie chrétien, un conflit ayant fait environ deux millions de morts.
Nordistes et sudistes discutent depuis juillet de quatre enjeux post-référendaires clés: la citoyenneté, le partage des ressources naturelles et en particulier du pétrole, la sécurité, et le respect des accords internationaux, y compris sur la répartition des eaux du Nil.
Le Parti du congrès national (NCP, nord) et le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, sud) doivent aussi trouver un terrain d'entente sur la question d'Abyei, une région contestée située à la lisière du Nord et du Sud et revendiquée par les deux parties.
La presse locale avait laissé entendre que Hosni Moubarak allait transmettre à Omar el-Béchir une lettre du président américain Barack Obama, une information niée par les autorités soudanaises."Les présidents (Moubarak et Kadhafi) sont venus d'eux-mêmes, ils ne sont pas venus au nom de quelqu'un d'autre", a indiqué le chef de la diplomatie soudanaise Ali Karti.
Par ailleurs, de nombreux analystes anticipent aussi une recrudescence des combats au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis sept ans à la guerre civile.L'indépendance du Sud redessinerait en effet la carte du Soudan et changerait le rapport de force entre la rébellion du Darfour et le pouvoir central de Khartoum.
Le sommet "appelle tous les groupes darfouris à joindre le processus de paix de Doha", a souligné M. Aboul Gheit.
Les autorités à Khartoum étaient ravies de la visite des deux ténors du monde arabe, après l'affront subi fin novembre lors d'un sommet Europe-Afrique à Tripoli, où le président Béchir avait dû renoncer à se rendre.
Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis mars 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, a voyagé à quelques reprises en Libye et en Egypte, mais c'est la première fois que ses deux puissants voisins lui rendent la pareille.
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