Des diplomates occidentaux basés à Harare ont demandé vendredi au nouveau gouvernement zimbabwéen de "faire la lumière" sur l'enlèvement, il y a trois ans jour pour jour, d'un militant des droits de l'Homme et figure de l'opposition à l'ex-président Robert Mugabe.
Itai Dzamara, ancien journaliste devenu chef d'un groupe d'opposants à Robert Mugabe, a été kidnappé le 9 mars 2015 alors qu'il sortait d'un salon de coiffure à Harare.Il n'a pas été revu depuis.
Dans un communiqué vendredi, l'Union européenne et des diplomates américains ont appelé "la nouvelle administration" du Zimbabwe "à s'assurer que les violations des droits de l'Homme soient traitées avec fermeté et transparence afin de faire la lumière sur le sort de M. Dzamara".
"Sa disparition reste une ombre dans le nouveau paysage zimbabwéen", ont-ils estimé.
Après trente-sept ans au pouvoir, Robert Mugabe a été contraint de démissionner en novembre, sous la pression de l'armée, de son parti, la Zanu-PF, et de la rue.Il a été remplacé par Emmerson Mnangagwa, son ancien vice-président qu'il avait limogé peu de temps auparavant.
Harare a toujours nié toute implication dans la disparition d'Itai Dzamara, affirmant n'avoir aucune information sur son sort.
Vendredi, des dizaines de personnes se sont rassemblées dans le parc d'Harare où l'opposant organisait régulièrement des manifestations anti-gouvernementales, et ils ont réclamé le retour du jeune homme "vivant ou mort".
"Ramenez-nous Itai", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants.
"L'enlèvement d'Itai a été supervisé par le gouvernement de la Zanu-PF (au pouvoir depuis 1980), par les services secrets", a affirmé son frère Patson Dzamara."On en a assez des enlèvements.Itai doit être la dernière personne à avoir été kidnappée."
L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a également appelé vendredi les autorités zimbabwéennes à "intensifier leurs efforts" pour établir la vérité."On ne peut pas laisser l'impunité se développer (...).Les gens ne disparaissent pas juste comme ça.Quelqu'un sait ce qui est arrivé à Itai Dzamara", a estimé Deprose Muchena, directeur d'Amnesty pour l'Afrique australe.
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