Le parlement gabonais a adopté mardi (177 voix pour, 16 contre, 0 abstention) la révision de la Constitution, portant notamment sur trois paragraphes et 36 articles, et qui était très critiquée par l'opposition, selon un journaliste de l'AFP.
La révision, qui devait être adoptée à la majorité des 2/3 soit 128 des 193 votants et était voulue par le président gabonais Ali Bongo Ondimba, prévoit notamment de nouvelles dispositions "en cas de force majeure constatée par la Cour constitutionnelle".
Luc Marat Abila, du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir) a estimé dans son discours avant le vote à bulletin secret qu'il s'agissait "de corriger certaines faiblesses de l'actuelle Constitution (...) La révision est fondée car elle règle le problème du contentieux électorale, la durée de la transition ou les conditions d'éligibilité du chef de l'Etat".
Toutefois, le président de l'Union nationale (opposition) Zacharie Myboto a lui estimé que "certaines dispositions constituent une porte ouverte à la dictature".
"Depuis le naufrage de la démocratie enregistrée lors de la révision de la Constitution en 2003, la situation de la loi fondamentale gabonaise va de mal en pire", a-t-il ajouté estimant que la révision va permette à l'éxécutif de "régner en maître absolu".
L'article 4 de la Constitution offre notamment la possibilité au gouvernement de surseoir à la convocation du collège électoral en "cas de force majeure dûment constatée par la Cour constitutionnelle".
Avant les amendements, le texte soumis au Parlement prévoyait également d'allonger de 45 jours à 2 mois la période pour l'organisation d'une présidentielle "en cas de vacance de la présidence de la République".
La révision interdit à un Gabonais disposant de la double nationalité et ayant occupé des responsabilités politiques dans un autre pays d'être éligible.La nouvelle Constitution prévoit aussi que tout candidat à la présidentielle doit résider au Gabon depuis au moins un an.
Lors d'un débat en soirée à la première chaîne publique gabonaise, Me Francis Nkea, sénateur de la majorité présidentielle, il s'agit d'une "révision bateau", "un toilettage qui corrige certains anachronismes".
Ali Bongo a été élu à l'issue d'une élection présidentielle anticipée organisée fin août 2009, à la suite du décès -en cours de mandat- de son père, Omar Bongo Ondimba.
Dans un communiqué diffusé avant la révision, l'ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong, membre de l'UN, avait estimé que "oublier de limiter le nombre de mandats présidentiels, de réintroduire le scrutin à deux tours (...), c'est là la preuve indubitable que l'on prend de haut les électeurs gabonais".
En 2003, le parlement gabonais avait adopté une révision constitutionnelle qui a notamment instauré le scrutin à tour unique pour toutes les élections politiques et autorisé le chef de l'Etat à briguer plus de deux mandats.
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