Placé en détention provisoire dans l'attente de la prochaine audience, M. Camara, âgé de 28 ans, a demandé un délai pour préparer sa défense. Dans le box vendredi, en l'absence d'interprète en langue soussou, l'homme a déclaré dans un français hésitant : "J'ai trop peur pour rentrer".Placé au centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes (sud) depuis fin mars, M. Camara avait été conduit jeudi matin à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry en vue de son expulsion. Il avait ensuite été placé en garde à vue après avoir refusé d'embarquer dans un avion pour Conakry.Artiste acrobate, il était arrivé en France en 2015 avec une autorisation temporaire de travail et sa demande d'asile avait été rejetée en 2017, selon l'association Aides qui a alerté sur le cas du Guinéen.Ce dernier affirme que son compagnon a été lynché à mort par sa famille en Guinée, qu'il a quittée pour fuir les persécutions contre les homosexuels. Dans ce pays d'Afrique de l'ouest, l'homosexualité est passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison.Son avocate, Me Florence Alligier a considéré qu'il s'agissait d'une "question de vie ou de mort" en cas de retour de son client dans son pays natal, invitant le tribunal à s'interroger sur ses "droits fondamentaux au-delà de l'infraction pénale". Le cas de Moussa a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux. "Son compagnon a déjà été assassiné en raison de son homosexualité. Son expulsion serait un scandale", avait affirmé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.Une mobilisation qui prend un relief particulier alors que les députés LREM ont introduit dans le projet de loi asile-immigration un amendement visant à mieux protéger les demandeurs d'asile homosexuels, en excluant de la liste des "pays d'origine sûrs" ceux qui persécutent les homosexuels. La Guinée ne fait toutefois pas partie de cette liste.
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