La Côte d'Ivoire restait dans l'impasse mardi, au lendemain d'une nouvelle médiation africaine à Abidjan qui a échoué à résoudre la crise opposant Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, toujours sous la menace d'une opération militaire ouest-africaine s'il refuse de céder le pouvoir.
L'ex-puissance coloniale française, en pointe dans les efforts internationaux pour obtenir le départ de M. Gbagbo depuis la présidentielle du 28 novembre, a insisté sur le fait qu'une éventuelle action armée se ferait sans elle.
Les 900 soldats de l'opération Licorne présents en Côte d'Ivoire "n'ont pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures" du pays, a lancé le président Nicolas Sarkozy.
"Il y a toujours une impasse", a lui-même affirmé Goodluck Jonathan, chef de l'Etat nigérian et président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), après avoir rencontré mardi matin à Abuja les émissaires de cette organisation et de l'Union africaine (UA).
Il a précisé que le dialogue se poursuivait mais que l'alternative pour Laurent Gbagbo restait la même: céder la présidence à M. Ouattara, reconnu par la communauté internationale, ou risquer d'être délogé par une force militaire ouest-africaine.
Selon M. Jonathan, "la position de la Cédéao est toujours celle énoncée dans le communiqué publié" après le sommet du 24 décembre 2010, quand ses dirigeants avaient exigé le départ de M. Gbagbo, le menaçant d'user de la force.
La résolution de la crise risque de prendre du temps "car il faut beaucoup de pression internationale pour convaincre des gens comme ça", a-t-il averti.
Pour la seconde fois en moins d'une semaine, les présidents béninois Yayi Boni, sierraléonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires sont venus lundi à Abidjan au nom de la Cédéao.
Ils ont à nouveau longuement discuté avec les deux rivaux, séparément, et étaient cette fois accompagnés par le Premier ministre kényan Raila Odinga, envoyé par l'UA.
Avant de rendre compte à M. Jonathan de la mission de lundi, M. Odinga avait évoqué des progrès et une possibilité de rencontre Gbagbo-Ouattara.
"Nous avons rompu la glace.Nous avons entamé les discussions.Ils ont accepté de se rencontrer face à face mais à certaines conditions", avait-il déclaré à l'AFP.
Il a aussitôt provoqué la fureur du camp Ouattara qui a formellement démenti l'éventualité d'une telle rencontre.
"C'est totalement faux.Cette proposition a été faite par Odinga et nous l'avons totalement rejetée", a lancé Ali Coulibaly, conseiller diplomatique de M. Ouattara."Nous ne sommes pas contents" de cette déclaration, a-t-il dit.
Il a affirmé que M. Ouattara s'en tenait toujours à ses positions formulées après sa rencontre avec les médiateurs africains, à savoir qu'il est le "président légitime" et que M. Gbagbo "doit partir".M. Ouattara avait prévenu lundi soir que pour lui les discussions étaient "terminées".
Les proches de M. Gbagbo n'avaient pas réagi mardi matin à la nouvelle mission africaine, mais le quotidien d'Etat Fraternité-Matin mettait l'accent sur des propos tenus par Ernest Koroma avant son départ d'Abidjan: "A ce stade, nous pouvons seulement dire que les discussions continuent".
Lors de ses voeux de Nouvel an à la Nation, Laurent Gbagbo avait été très clair sur ses intentions, réaffirmant qu'il était le "seul président" et qu'il ne comptait "pas céder" aux pressions.
Il avait réitéré sa proposition de recompter les voix de la présidentielle et de mettre en place un "comité d'évaluation" sur le processus électoral.Une idée totalement rejetée par son adversaire, pour qui il cherche à "gagner du temps".
L'impasse actuelle pourrait replonger le pays dans les violences, alors que 179 personnes ont déjà été tuées depuis mi-décembre selon l'ONU, qui a pointé la responsabilité des forces pro-Gbagbo.Ces violences ont fait 53 morts depuis fin novembre, dont 14 membres des forces de l'ordre loyales à M. Gbagbo, selon le dernier bilan de son camp.
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