Le blocus routier du quartier général d'Alassane Ouattara à Abidjan, imposé depuis trois semaines par les forces loyales à son rival Laurent Gbagbo, était maintenu mercredi matin malgré l'engagement pris auprès des médiateurs africains en prélude à une "issue pacifique" à la crise.
L'un des quatre émissaires, le Premier ministre kényan Raila Odinga, venu lundi à Abidjan au nom de l'Union africaine (UA), a écarté tout partage du pouvoir entre MM.Gbagbo et Ouattara.Mais, estimant qu'il ne fallait pas laisser de "vide", il a souhaité qu'une nouvelle mission revienne "dès que possible" en Côte d'Ivoire.
Laurent Gbagbo est menacé d'être renversé militairement par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), s'il ne cède pas de lui-même le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu comme le président ivoirien légitime par la communauté internationale.
Une menace réitérée au lendemain de la mission des médiateurs de la Cédéao et de l'UA, qui avaient cependant annoncé que M. Gbagbo s'était engagé à lever "immédiatement" le blocus du Golf hôtel d'Abidjan, qui sert de quartier général au camp Ouattara.
Mais mercredi matin, peu avant 10H00 (locales et GMT), les barrages des Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à M. Gbagbo, installés sur la route menant à l'hôtel, étaient toujours en place.
A l'un d'eux, un élément des FDS a déclaré à une journaliste de l'AFP que l'accès était "fermé", tandis qu'à un autre, on lui a fait signe de faire demi-tour.
Sous protection de 800 Casques bleus et d'éléments de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN) alliée à M. Ouattara, l'hôtel est soumis à un blocus routier depuis le 16 décembre, quand une marche du camp Ouattara sur la télévision d'Etat, avait été réprimée dans le sang, faisant de 11 à 30 morts selon les sources, dont plusieurs policiers selon le camp Gbagbo.
Son ravitaillement est en partie assuré par des hélicoptères de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui y transporte également les journalistes.
L'Onuci, accusée de soutenir militairement le camp Ouattara et dont M. Gbagbo a exigé le départ, a réclamé mercredi "l'arrêt immédiat" de la campagne médiatique menée contre elle par le biais de la télévision d'Etat RTI, qui "doit avoir été planifiée au plus niveau du camp du président Gbagbo".
Outre sa promesse de lever le blocus, Laurent Gbagbo s'est dit prêt à négocier "sans préconditions" une "issue pacifique" à la crise née de la présidentielle du 28 novembre.
La Côte d'Ivoire est depuis lors déchirée entre deux chefs d'Etat: M. Gbagbo, déclaré élu par le Conseil constitutionnel et M. Ouattara, déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI) et les Nations unies.
Pour le camp Ouattara, la seule issue possible est le départ dans les plus brefs délais du président sortant, accusé de vouloir "gagner du temps" et d'"endormir la conscience des gens".
Mardi au siège de la coalition pro-Ouattara à Abidjan, un militant a été tué à la suite d'un raid de policiers et gendarmes, a confirmé le ministère de l'Intérieur de M. Gbagbo.
L'absence de solution rapide fait redouter une reprise des violences, ayant déjà fait 179 morts depuis mi-décembre selon l'ONU, qui a mis en cause les forces pro-Gbagbo.Le camp Gbagbo a évoqué 53 morts depuis fin novembre, dont 14 membres des forces de l'ordre qui lui sont fidèles.
La crise et la peur d'affrontements dans le pays poussent les Ivoiriens à le quitter chaque jour plus nombreux: quelque 22.000 d'entre eux ont fui au Liberia, en majorité des femmes et des enfants, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
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