Bukola Saraki était poursuivi depuis trois ans, accusé notamment d'avoir menti sur sa déclaration de patrimoine alors qu'il était gouverneur de l'Etat de Kwara, entre 2003 et 2011.En juin, la Cour avait jugé que les preuves apportées dans le dossier de l'Agence contre la corruption et les crimes financiers (EFCC) n'était pas suffisantes, mais la EFCC avait fait appel.Lors de ce nouveau jour d'audience à la Cour Suprême, les cinq juges ont, à l'unanimité, donné raison au président du Sénat.Pour le juge Centus Nweze, ce procès est "un simulacre de justice" et selon lui l'accusation n'avait aucun éléments sérieux, uniquement des preuves établies sur des "ouï-dire".Selon la constitution nigériane, le président du Sénat est le troisième homme politique le plus puissant du Nigeria, derrière le président Muhammadu Buhari et le vice-président Yemi Osinbajo.Saraki a rejoint le parti du All Progressives Congress (APC), avant les dernières élections qui l'ont porté au pouvoir avec Muhammadu Buhari a sa tête.Mais il s'est heurté très tôt aux chefs de parti, qui ne voulaient pas qu'il soit président du Sénat. Son mandat a été marqué par des liens de plus en plus tendus entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.Cette décision judiciaire arrive au lendemain de la formation d'une division dissidente au sein de l'APC, le rAPC (Reformed APC). Bien que Saraki n'ait pas officiellement rejoint le mouvement pour l'instant, il fait partie des voix les plus contestataires contre le président Buhari, qui a annoncé vouloir être candidat à sa propre succession en février 2019.Il y a quelques semaines, des membres des deux chambres du parlement avaient accusé Buhari d'utiliser les agences de sécurité pour "harcèlement systématique et humiliation ... des opposants politiques perçus".Parmi les signataires de la lettre ouverte figuraient les principaux membres du Parti démocratique du peuple (PDP) de l'opposition faisant l'objet d'une enquête pour corruption.Ils ont également déclaré que l'ancien dirigeant militaire Buhari était "sélectif" dans sa lutte contre la corruption qu'ils considèrent être une chasse aux sorcières.Saraki, qui est pressenti pour rejoindre le mouvement dissident et se porter candidat à la présidentielle contre Buhari, a usé des mêmes termes, déclarant que son procès était "politiquement motivé, (...) inventé de toutes pièces"."Il est évident que la lutte contre la corruption est poursuivie avec vindicte, pour cibler les opposants politiques perçus", a-t-il regretté. Quelques heure après l'annonce de la formation du rAPC, le chef de l'Etat a décrété jeudi mettre en place un "état d'urgence contre la corruption", ordonnant que les biens mal acquis soient gelés au Nigeria.
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