Soudan: Béchir accepterait la sécession du Sud, félicitations américaines

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JUBA (AFP)

Le président Omar el-Béchir a affirmé qu'il respecterait le résultat du référendum au Sud-Soudan dimanche même s'il débouchait sur la sécession, à l'occasion d'une visite exceptionnelle dans cette région, s'attirant mercredi un soutien américain appuyé mercredi .

"Je célèbrerai votre décision, même si vous choisissez la sécession", a dit le chef d'Etat soudanais dans un discours prononcé à Juba, la capitale du Sud, et retransmis par la télévision d'Etat.

"Personnellement, je serai triste en cas de division du Soudan.Mais en même temps, je serai heureux si nous avons la paix au Soudan", a ajouté M. Béchir, un Nordiste, avant ce référendum d'autodétermination historique.

L'influent sénateur américain John Kerry a jugé mercredi à Khartoum "très positifs, très constructifs" les propos du président el-Béchir sur la sécession du Sud-Soudan ajoutant que la bonne tenue du référendum serait un signe précurseur à une nouvelle relation avec Washington.

"Le discours du président Béchir ici (le 31 décembre à Khartoum) et ses commentaires hier à Juba sont extrêmement encourageants", a ajouté devant des journalistes John Kerry à l'issue d'un entretien avec un influent conseiller présidentiel Ghazi Salaheddine.

Le référendum sur l'indépendance du Sud devrait se dérouler "pacifiquement" et refléter la volonté du peuple, a déclaré mercredi Johnnie Carson, un haut responsable diplomatique, à Washington 

Le président soudanais a reçu un accueil en fanfare du leader sudiste Salva Kiir qui, après l'avaoir combattu pendant des années, a fait dérouler le tapis rouge pour lui à Juba.M. Kerry effectue une visite d'une semaine au Soudan.

De nombreux responsables politiques et religieux, ainsi qu'une garde d'honneur composée de soldats du Nord et du Sud, l'ont salué à sa descente d'avion.

 A l'extérieur de l'aéroport, environ 500 personnes criaient des slogans comme "Non à l'unité" et agitaient des drapeaux sudistes, dans une ambiance festive.

Signe que M. Béchir n'impressionne plus au Sud-Soudan, des organisations non-gouvernementales ont affiché des pancartes à son attention près de l'aéroport: "Nous sommes ravis de vous accueillir à nouveau pour célébrer l'indépendance du Sud-Soudan" ou "Bienvenue dans le 193e Etat (du monde)".

Lundi, une responsable des ex-rebelles sudistes du SPLM, Anne Itto, avait balayé les objections à cette visite: "Je pense que les Sud-Soudanais ont déjà fait leur choix.Ils ont déjà choisi la liberté et l'indépendance".

Le président soudanais a insisté sur son désir de maintenir de bonnes relations avec le Sud en cas de sécession: "Tout ce dont vous aurez besoin en terme de soutien technique, logistique ou professionnel de Khartoum, nous serons prêts à vous le donner".

"Le bénéfice que nous trouvons à l'unité, nous pouvons aussi l'avoir dans deux Etats séparés", a-t-il dit.

  Malgré les discours apaisants, un important dispositif de sécurité a été déployé à Juba et des soldats en armes patrouillaient les rues.

Après son discours, MM.Béchir et Kiir se sont entretenus des questions post-référendaires: citoyenneté, sécurité, partage des revenus pétroliers et de la dette internationale, tracé d'une éventuelle frontière dont 20% n'est pas encore défini.

La délimitation sera achevée "avant le 9 juillet", a affirmé M. Béchir, cité par l'agence officielle Suna.Cette "démarcation ne signifie pas un mur de séparation, mais une délimitation permettant le mouvement des citoyens", selon les réglementations en vigueur.

Selon le ministre sudiste de l'Information, Barnaba Marial, M. Béchir a indiqué qu'en cas de sécession "lui et son gouvernement seraient les premiers à reconnaître le nouveau pays".

Près de quatre millions de personnes (3,75 millions au Sud, 116.000 au Nord et 60.000 à l'étranger) se sont inscrites sur les listes électorales en vue du référendum prévu du 9 au 15 janvier, aboutissement de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile en 2005.

Les Etats-Unis se sont dits "optimistes" quant à ce référendum, placé sous la surveillance d'observateurs américains, européens, chinois, africains et arabes.La Chine a dit espérer qu'il se déroulerait "dans un contexte équitable, libre, transparent et pacifique".

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