Entre deux et cinq manifestants selon les sources ont été tués mercredi à Arusha en Tanzanie, lors de la répression par la police d'une manifestation du principal parti d'opposition, le Chadema, dont les dirigeants ont été arrêtés.
Wilbrod Slaa, l'un des principaux leaders de l'opposition et candidat malheureux à l'élection présidentielle du 31 octobre remportée par le sortant Jakaya Kikwete, figure parmi les personnes arrêtées, après avoir une nouvelle fois vertement critiqué le régime en place.
"Selon nos informations, cinq personnes ont été tuées, et plus de 60 blessées", a déclaré jeudi à l'AFP John Mrema, chargé des affaires parlementaires au Chadema.
"C'est très difficile d'avoir le nombre précis des personnes arrêtées.Encore ce (jeudi) matin, la police était en train d'arrêter des gens", a-t-il poursuivi, interrogé au téléphone.
Un peu plus tôt, le chef de la police provinciale d'Arusha (la principale ville du nord de la Tanzanie) Tobias Andengenye avait fait état de deux morts, neuf blessés (dont trois policiers), et une cinquantaine d'arrestations dans les rangs des manifestants.
Des milliers de partisans du Chadema s'étaient rassemblés mercredi dans le centre d'Arusha pour dénoncer la réélection qu'ils estiment "frauduleuse" du président Kikwete et la "corruption" au sein de son régime.
"Pourquoi ne quittez-vous pas la présidence, M. Kikwete?", avait ainsi lancé à la foule M. Slaa.Ce dernier, encouragé par la percée de son parti aux élections générales d'octobre, est devenu le plus virulent des opposants au pouvoir en place.
Après avoir procédé aux arrestations, la police avait ouvert le feu pour disperser les manifestants qui tentaient de marcher vers le commissariat où avaient été emmenés les responsables du parti interpellés.
Outre l'arrestation de M. Slaa, le chef de la police provinciale a confirmé l'interpellation de son épouse Josephine, qui figure parmi les blessés, et du président du Chadema, le député Freeman Mbowe.
"Ils sont passés outre l'autorisation que nous leurs avions donnée", a justifié M. Andengenye, expliquant que les manifestants étaient uniquement autorisés à faire un meeting.
"Ils ont tenté d'envahir les bureaux de la police pour libérer ceux qui venaient d'être arrêtés", a-t-il ajouté.
Selon le principal quotidien du pays Citizen, des journalistes ont été également sévèrement battus par les policiers alors qu'ils couvraient la manifestation, dont le correspondant de ce journal à Arusha.
Jeudi matin, des éléments de la police anti-émeutes patrouillaient les rues d'Arusha, une ville habituellement calme qui abrite le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et le secrétariat général de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC).
Les voies d'accès aux bureaux de la police restaient encore bloquées par les forces de l'ordre, mais la population vaquait normalement à ses occupations, a constaté le correspondant de l'AFP à Arusha.
Le président tanzanien, Jakaya Kikwete, 60 ans, a été réélu avec 61% des suffrages, pour un second mandat de cinq ans à l'issue des élections générales du 31 octobre qui avaient toutefois été marquées par une poussée au Parlement de l'opposition.
Wilbrod Slaa, dont le parti avait fait le plein des voix plusieurs grands centres urbains du pays, dont Arusha, avait alors dénoncé des fraudes et demandé, en vain, un recompte des voix.
Le 31 décembre, le président Kikwete a annoncé sa volonté de doter le pays d'une nouvelle Constitution, réclamée avec force par l'opposition selon laquelle l'actuel texte fondamental, qui date de 1977, donne trop de pouvoirs à la présidence.
Fin décembre à Dar es-Salaam, la police avait dispersé à coups de gaz lacrymogènes plusieurs centaines de manifestants d'un autre parti d'opposition qui réclamaient une nouvelle constitution.
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