Des agents du très puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) ont saisi les exemplaires des quotidiens Al-Tayar et Al-Jareeda à la suite de la participation de leurs journalistes à une rencontre mardi au siège de la représentation diplomatique de l'Union européenne (UE), à Khartoum.Cette rencontre a réuni des diplomates européens et un chargé d'affaires américain, venus écouter les journalistes, qui ont plaidé pour le respect de la liberté de presse et évoqué les difficultés qui touchent le secteur au Soudan, notamment la saisie de tirages. "Ils ont confisqué nos tirages sans donner aucune raison", a indiqué à l'AFP Osmane Mirghani, propriétaire et rédacteur-en-chef d'Al-Tayar. "Mais j'ai participé à la rencontre de l'UE, cela pourrait en être la raison", a-t-il ajouté. Awad Mohamed Awad, le propriétaire d'Al-Jareeda, a lui confirmé la saisie jeudi d'environ 10.000 exemplaires de l'édition de son journal par les agents du NISS. "Aucune raison n'a été donnée et ils ont convoqué notre rédacteur-en-chef dans leurs bureaux", a-t-il déclaré. "L'importance de renforcer la liberté de presse et la liberté d'opinion et d'expression dans tous les médias, y compris ceux en ligne, a été soulignée par tous", ont affirmé dans un communiqué conjoint les ambassadeurs des pays de l'UE et le chargé d'affaires des Etats-Unis Steven Koutsis, à l'issue de la rencontre de mardi.Le ministère des Affaires étrangères soudanais a dénoncé la tenue de cette rencontre "contre les usages diplomatiques". Les autorités ont également convoqué mercredi l'ambassadeur de l'UE. Les médias sont régulièrement dans le collimateur des services de sécurité soudanais, notamment lorsqu'ils publient des articles critiques envers le pouvoir.Les services du NISS avaient déjà confisqué en juin l'ensemble des tirages de trois quotidiens dont Al-Tayar et Al-Jareeda. Plusieurs journalistes ont aussi été arrêtés en janvier alors qu'ils couvraient des protestations contre la hausse des prix du pain.Le Soudan est classé à la 174e place sur 180 dans le classement 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, qui accuse le NISS de "pourchasser les journalistes et censurer la presse écrite".
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