Le seuil de participation requis pour que le référendum d'indépendance du Sud-Soudan soit valide a déjà été atteint, a affirmé mercredi le parti sudiste au pouvoir, ouvrant ainsi la voie à la création d'un nouveau pays sur le continent africain.
"Le seuil qui rendra le résultat valide a été atteint.Le seuil de 60% a été atteint, mais nous plaidons, nous au SPLM, pour une participation de 100%", a déclaré Anne Itto, vice-secrétaire générale du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ex-rebelles sudistes à la tête du gouvernement semi-autonome du Sud-Soudan.
"Les Sud-Soudanais inscrits sur les listes électorales et qui n'ont pas encore voté devraient le faire.C'est une grande chance qui ne se présentera pas une seconde fois.Voter, c'est rendre honneur à ceux qui ont sacrifié leur vie afin que nous puissions choisir" notre destin, a ajouté la responsable, lors d'une conférence de presse à Juba, la capitale sudiste.
Interrogée par l'AFP sur le taux de participation de 60% avancé par le pouvoir sudiste, la porte-parole de la commission référendaire Souad Ibrahim a répondu: "C'est possible, il est même possible que ce soit plus".
Elle a expliqué que la commission n'avait pas encore d'informations complètes sur la participation dans le Sud.Des résultats partiels sont attendus fin janvier et les résultats définitifs le 14 février au plus tard.
Les Sud-Soudanais se prononcent depuis dimanche, et jusqu'à samedi, sur le maintien de l'unité avec le reste du Soudan ou la séparation, lors d'un référendum prévu par l'accord de paix ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre Nord et Sud.
Environ quatre millions d'électeurs sont inscrits sur les listes électorales pour ce référendum qui devrait mener à la partition du Soudan, plus vaste pays d'Afrique divisé entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien.
Les analystes, ainsi que la classe politique nordiste, pronostiquent en effet une victoire de l'option sécessionniste.Mais selon la loi référendaire, au moins 60% des électeurs inscrits doivent voter afin que le résultat du scrutin soit jugé valide.
Le déroulement du référendum a été assombri par des violences depuis vendredi dans l'Etat pétrolier sudiste d'Unité, où au moins huit rebelles ont perdu la vie dans des combats contre l'armée sudiste, et surtout dans l'enclave d'Abyei, à la lisière du Nord et du Sud.
Au moins 33 personnes sont mortes à Abyei lors de combats entre des membres de deux tribus rivales, les sudistes Dinka Ngok et les Arabes nordistes Misseriya, selon des sources dans les deux camps.
La mission de l'ONU au Soudan (Unmis) a "intensifié ses patrouilles sur le terrain et se tient prête à renforcer sa présence en cas de besoin", avait indiqué plus tôt cette semaine un responsable onusien.
Le chef de l'Unmis, Haile Menkerios, s'est rendu mardi à Abyei afin de calmer le jeu.Et le ministre soudanais de l'Intérieur, Ibrahim Mahmoud Ibrahim, était attendu mercredi dans cette région au coeur d'un différend coriace entre Nordistes et Sudistes.
Lundi soir, un convoi de Sud-Soudanais, rentrant de la capitale soudanaise Khartoum vers le Sud-Soudan, a aussi été la cible d'une embuscade par des Misseriya dans l'Etat nordiste du Kordofan-Sud, près d'Abyei, une attaque qui a fait dix morts et 18 blessés, selon le ministère de l'Intérieur du Sud-Soudan.
L'ambassadeur américain Princeton Lyman, un des principaux négociateurs des Etats-Unis pour le Soudan, a dit regretter les violences à Abyei, mais a assuré que "rien dans cette situation fâcheuse n'a d'impact sur le référendum".
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