Ces requérants ont saisi la semaine dernière à Francfort le "mécanisme de plaintes" de la Société allemande d'investissement et de développement (DEG), filiale de la banque publique allemande KfW, à propos de l'exploitation de leur territoire via une concession remontant à 1911.Ils accusent l'entreprise Plantations et Huileries du Congo SA (PHC), filiale du canadien Feronia, d'avoir "volé" leurs terres ancestrales pour y installer trois plantations d'huile de palme et des usines de transformation, avec l'aide financière de la DEG.Les requérants, qui travaillent pour certains dans ces plantations pour de maigres salaires, s'estiment "privés des moyens de nourrir et d'héberger leurs familles et de gagner leur subsistance", expliquaient le 7 novembre plusieurs ONG, dont la congolaise RIAO-RDC, dans un communiqué commun.Les neuf villages ont donc activé un mécanisme contentieux propre aux banques de développement, et "un groupe international d'experts indépendants va se prononcer sur la recevabilité de leur requête" dans un délai de 25 jours ouvrés, a indiqué lundi à l'AFP une porte-parole de la DEG.Leur démarche "doit être saluée", a ajouté la même source.Le conflit remonte à plus d'un siècle, lorsque l'administration coloniale belge avait "unilatéralement octroyé en 1911 au Lord Leverhulme de Grande-Bretagne une concession foncière gigantesque d'un million d'hectares" couvrant les territoires de ces communautés.Récupérant ces terrains dans l'intervalle, le géant néerlandais de l'agroalimentaire Unilever a cédé en 2009 à Feronia "sa filiale de plantations de palmiers à huile en RDC, ainsi qu'un portefeuille de contrats de concession contestés d'une superficie totale de plus de 100.000 hectares", détaille le communiqué des ONG.Feronia emploie environ 9.000 personnes en RDC, mais les requérants affirment que les conditions de travail et de vie de ces employés et leurs familles se sont détériorées depuis que le groupe canadien exploite ses terres."Il s'agit d'un cas type qui permettra de voir si les mécanismes de plaintes établis par les banques de développement peuvent effectivement répondre aux préoccupations que soulèvent les communautés" locales, expliquent les ONG.DEG, basée à Cologne, finance des investissements réalisés par des entreprises privées dans des pays en développement. Elle prévoit de distribuer pour l'ensemble de l'année 1,7 milliard d'euros de crédits nouveaux dans le monde.jpl/cfe/thm
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