Le parti au pouvoir au Nigeria a ouvert jeudi ses primaires pour désigner son candidat à la présidentielle d'avril sur fond de violences et de divisions entre le Nord majoritairement musulman et le Sud à dominante chrétienne.
Le président Goodluck Jonathan, parvenu en mai à la tête de l'Etat le plus peuplé d'Afrique et important exportateur de pétrole, est donné favori au sein du Parti démocratique du peuple (PDP).Il affronte un rival, l'ex-président Atiku Abubakar.
Des responsables ont commencé à prononcer des discours avant que les délégués ne votent.Le scrutin devrait se prolonger tard dans la nuit.
Le PDP a remporté toutes les présidentielles depuis la fin du régime militaire en 1999 mais des divisions sont apparues au sein du parti avant les primaires.
Certains responsables estiment que M. Jonathan, un chrétien du Sud, devrait renoncer à sa candidature au profit de son rival, un musulman du Nord, pour respecter l'alternance entre le Nord et le Sud du Nigeria qui a lieu traditionnellement tous les huit ans.
D'autres soulignent que le président actuel n'a pris ses fonctions qu'en mai après la mort de maladie de son prédécesseur Umaru Yar'Adua, un Nordiste qui n'en était qu'à son premier mandat.Pour son camp, il devrait pouvoir effectuer un second mandat complet.
Cet arrangement entre le Nord et le Sud a permis d'atténuer les divisions ethniques, religieuses et sociales dans un pays qui compte 250 ethnies pour plus de 150 millions d'habitants.
Celles-ci se traduisent cependant régulièrement par des violences meurtrières.
Les primaires se tiennent d'ailleurs sous forte protection dans la capitale Abuja où des attentats à la bombe ont endeuillé les célébrations du cinquantenaire de l'indépendance en octobre.
Quelque 17.000 policiers ont été déployés et les accès au lieu de la convention du PDP sont contrôlés tandis que des camionnettes munies de caméras patrouillent la zone.
Les deux rivaux diffèrent notamment par la personnalité.M. Jonathan, 53 ans, est un zoologue portant volontiers le chapeau mou et au style discret.
M. Abubakar, 64 ans, est un vieux routier de la politique avec plus d'expérience du pouvoir, ce qui lui vaut des accusations de corruption.
Quel que soit le vainqueur des primaires, la présidentielle servira de test pour savoir si le Nigeria est capable d'organiser un scrutin crédible après une série d'élections entâchées de violences et de fraudes.
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