Dans une ordonnance rendue le 22 novembre, consultée par l'AFP, les trois juges du pôle "crimes contre l'humanité et crimes de guerre" ont rejeté l'intégralité des demandes d'actes présentées par les parties civiles pour relancer cette enquête entamée il y a plus de treize ans et clôturée cet été.Depuis 2005, six rescapés du massacre, l'association Survie, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH et LDH) et d'autres parties civiles accusent la force militaire française Turquoise d'avoir sciemment abandonné des centaines de Tutsis des collines de Bisesero (ouest), du 27 au 30 juin 1994, aux génocidaires ralliés au pouvoir gouvernemental Hutu, qui bénéficiait d'un soutien ancien de Paris. Les rescapés, à l'origine de la plainte en 2005, affirment que les militaires français leur ont promis le 27 juin 1994 de les secourir, pour ne le faire finalement que le 30. Pendant cet intervalle de trois jours, des centaines de Tutsis ont été massacrés dans les collines.Le 27 juillet, les magistrats avaient annoncé aux parties civiles la clôture de l'instruction, sans avoir prononcé d'inculpations, ce qui ouvre logiquement la voie à un non-lieu.Fin octobre, les avocats des parties civiles ont déposé de nouvelles demandes d'actes, comme la loi les y autorise, dans l'espoir de relancer les investigations.Ils réclamaient des confrontations entre plusieurs personnes placées sous le statut intermédiaire de témoin assisté, des auditions de plus de 27 militaires et hommes politiques français, de 11 journalistes et de plus d'une vingtaine de témoins rwandais, ainsi que le versement au dossier de nouveaux documents.Mais les juges ont estimé que ces demandes n'apparaissaient "ni utiles à la manifestation de la vérité, ni raisonnables au regard de la durée de la procédure", selon l'ordonnance.Contacté par l'AFP, Me Patrick Baudouin, avocat et président d'honneur de la FIDH, a indiqué que les parties civiles avaient l'intention de faire appel de cette décision."Je considèrerais comme extrêmement choquant et dommageable que les auditions et les investigations complémentaires demandés ne soient pas effectués, et ce, sous peine de donner l'impression que la justice cède purement et simplement sous la pression de l'État", a-t-il déclaré.
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