Trois militaires sénégalais ont été tués, jeudi, en Casamance (sud) dans des affrontements avec des "rebelles", ce qui porte à 12 le nombre de soldats tués dans cette région en moins de trois semaines, a-t-on appris auprès d'un élu et de source militaire.
"Trois militaires ont été tués" au cours d'affrontement avec des "rebelles", membres présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste), a indiqué à l'AFP un élu local, requérant l'anonymat, de Bounkiling, un village de Basse-Casamance, dans une zone très sensible.
Une source militaire jointe à Kolda, une ville de Casamance, a confirmé l'information.
"Trois militaires ont été tués à la suite d'un accrochage avec des rebelles.Nos éléments ont été mortellement atteints", a indiqué cette source militaire, selon laquelle deux véhicules militaires ont également été brûlés par les assaillants.
"Ce (jeudi) matin, il y a d'abord eu un braquage entre Bounkiling (600 km au sud de Dakar) et Bounghary (Basse-Casamance).Des éléments armés ont emporté des véhicules (de transports en commun) et +dépouillé+ leurs passagers", a relaté cette source militaire.
Trois véhicules ont été attaqués par "des rebelles lourdement armés".Un camion transportant des graines d'arachide a été "brûlé" par les assaillants qui ont également "emporté" un véhicule de sept places.Le troisième véhicule a été laissé sur place.
Selon la même source, l'armée est intervenue pour mettre fin au braquage.
"Ce sont bien des rebelles lourdement armés (qui ont affronté les militaires).L'armée a essuyé des tirs.Une roquette a atteint une camionnette" de l'armée, a-t-elle précisé.
Outre les trois soldats tués, quatre auraient été blessés, selon la Radio Futurs médias (RFM, privée).
Ces affrontements interviennent dans un contexte de regain de tensions dans cette région en proie depuis 1982 à une rébellion d'indépendantistes armés divisés en plusieurs factions.
Mardi, deux militaires sénégalais avaient été tués au cours d'un "accrochage" avec des "éléments armés" près du village de Silinkine (47 km au nord de Ziguinchor).
Ces nouvelles pertes de l'armée sénégalaise intervenaient après la mort le 27 décembre de sept militaires dans des combats avec des rebelles.
Le processus de paix est en panne, quatre ans après la mort de l'abbé Diamacoune, chef historique du MFDC.
Le président Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis dix ans, avait très brièvement évoqué la situation en Casamance dans ses voeux.
Le gouvernement demeure "disposé au dialogue" avec le MFDC, malgré les "derniers évènements regrettables" enregistrés dans la zone sud du pays, avait déclaré le chef de l'Etat, le 31 décembre 2010.
Des mères de famille réunies au sein d'une "plate-forme des femmes de la Casamance", avaient prévu jeudi soir d'effectuer une procession à travers Ziguinchor, et de participer ensemble à une veillée de prières jusqu'à l'aube, pour le retour de la paix.
Selon la coordonnatrice de la structure, N'dèye Marie Diédhiou Thiam, "trop de sang a coulé en Casamance et les femmes, mères, soeurs, épouses des belligérants doivent s'impliquer entièrement pour que cesse la guerre".
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