Tunisie: le président Ben Ali écarte un nouveau mandat, demande la fin des tirs

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TUNIS (AFP)

Le président tunisien Zine El Abdine Ben Ali a annoncé jeudi ne pas avoir l'intention de briguer un nouveau mandat, a dit avoir demandé de cesser les tirs contre les manifestants et a promis la liberté "totale" pour l'information et l'internet. 

"Pas de présidence à vie et je refuse de toucher à la limite d'âge fixée par la Constitution", a déclaré le président, au pouvoir depuis 1987 et qui a été réélu en octobre 2009 pour un mandat de cinq ans.Il était sollicité par des membres de son parti pour se représenter en 2014.

La Constitution limite l'âge des candidats à la présidence à 75 ans et il était question pour ses partisans de l'amender pour qu'il se représente en 2014, date à laquelle il aurait 77 ans.

"Assez de tirs à balles réelles", a-t-il ajouté dans ce discours prononcé en tunisien dialectal dans une intention apparente de se faire comprendre par tous les Tunisiens.

"Je refuse de voir de nouvelles victimes tomber (...) Assez de violences, assez de violences", a-t-il poursuivi, en affirmant que "personne ne serait plus inquiété à moins qu'il tente de se saisir de l'arme d'un agent de l'ordre".

"Je vous ai compris", a martelé le président à plusieurs reprises, avant de promettre la "liberté totale" pour l'information et l'accès à internet, sujets sur lesquels il était critiqué notamment par les Etats-Unis.

Dans un rare aveu, le président tunisien a également admis avoir été "trompé" sur l'analyse de la crise sociale qui agite la Tunisie depuis près d'un mois et affirmé que l'enquête qu'il a ordonnée serait indépendante et établirait les "responsabilités de chacun".

"La situation aujourd'hui nécessite un profond changement et de travailler main dans la main (le pouvoir et les opposants) pour le bien du pays", a encore dit le président tunisien.

"Je réaffirme ici que j'ai l'intention d'approfondir la pratique démocratique et de revitaliser le pluralisme", a encore déclaré M. ben Ali.

Ce discours est le troisième depuis le déclenchement de la révolte sans précédent contre le chômage à la mi-décembre.Le mouvement a débuté à Sidi Bouzid (centre-ouest) avant de s'étendre à d'autres villes pour toucher la capitale et ses environs ces dernières 48 heures.

Le 28 décembre, M. Ben Ali avait regretté les évènements de Sidi Bouzid et dénoncé une "instrumentalisation politique de certaines parties".

Il avait souligné "l'impératif de respecter la liberté d'opinion et d'expression et le souci de les consacrer dans la législation et la pratique".

Dans un second discours, il a promis le 10 janvier 300.000 emplois sur deux ans et dénoncé "des actes terroristes" orchestrés depuis l'étranger.

Les affrontements meurtriers ont fait 66 morts en un mois selon une ONG des droits de l'Homme.

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