"Il n'y a que 3 à 5% de différence entre moi et le candidat arrivé à la première place du premier tour, on peut le rattraper et le dépasser en même temps", assure-t-il dans un entretien avec l'AFP en son "palais" des hauteurs d'Antananarivo.
Avec 35,35% des voix, M. Ravalomanana a franchi la ligne du premier tour de scrutin à portée de M. Rajoelina (39,23%), loin devant le sortant Hery Rajaonarimampianina (8,82%).
La campagne pour le second tour s'ouvre mardi et elle promet d'être féroce, tant le passif entre les deux finalistes est lourd.
Elu en 2002, Marc Ravalomanana a été contraint de quitter la présidence de la Grande île sept ans plus tard après une série de violentes manifestations soutenues par Andry Rajoelina, alors maire de la capitale.Celui-ci a ensuite été installé à la tête d'une présidence non-élue par l'armée.
Les deux hommes ont été interdits de candidature en 2013, dans le cadre d'un accord de sortie de crise.
Les années ont passé mais le riche patron du groupe laitier Tiko, bientôt 69 ans, en tient une rancune tenace à son jeune rival, 44 ans, qu'il accuse volontiers de tous les maux.
Sans la présidence Rajoelina (2009-2013), répète-t-il à l'envi, son pays, l'un des plus pauvres du monde, se porterait mieux.
- 'Rebâtir la nation' -
"S'il n'y avait pas eu ce +coup d'Etat+, Madagascar serait le premier pays d'Afrique aujourd'hui car en 2008", se plaît à rappeler l'ancien chef de l'Etat, cravate rouge sur chemise blanche immaculée, "le taux de croissance malgache était de 7,8%".
Son programme à la main, Marc Ravalomanana promet aussi de s'attaquer à l'insécurité et de reprendre les aides à la scolarisation des enfants lancées pendant son mandat.
"Nous allons rebâtir la nation car tout a été détruit, nous allons restaurer la confiance entre la population et le dirigeant".
Pour refaire son retard sur Andry Rajoelina, le chef du parti Tim compte mobiliser les abstentionnistes (46% au premier tour) et, surtout, s'attirer le soutien de quelques uns des 34 candidats écartés du second tour.
"J'ai déjà reçu des candidats ici, hier et avant-hier", confie-t-il sous le regard bienveillant de sa fille unique et conseillère Sarah.
La presse proche de l'ancien président a chiffré mardi à six le nombre de ceux qui ont déjà rallié sa bannière.Parmi eux l'ancien Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana.
Le chef de l'Etat sortant Hery Rajaonarimampianina s'y est lui catégoriquement refusé.
"Il n'a pas tenu sa promesse", grogne Marc Ravalomanana, "on s'était mis d'accord que s'il me devançait je le soutiendrai et inversement si j'arrivais devant lui"."Qu'il reste là où il est", griffe-t-il aussitôt, "ses partisans sont déjà venus me voir pour me soutenir et ça me suffit largement".
- 'Sûr de gagner' -
Accusé, comme son rival, d'avoir dépensé sans compter pour sa campagne électorale du premier tour, Marc Ravalomanana se défend farouchement d'avoir "acheté" sa place au second tour.
Elle ne lui a coûté que 90.000 euros de sa poche, "3 millions d'ariary (760 euros) par district", s'emporte-t-il, ajoutant que les frais de son hélicoptère et des artistes intervenus pour le soutenir ont été réglés par de généreux donateurs.
"Le président sortant avait le pouvoir et l'argent, pourtant il n'a pas gagné cette élection", fait-il valoir, "ce n'est pas l'argent ou le pouvoir qui compte, c'est le programme".
Un programme qui, insiste M. Ravolomanana, devrait lui permettre d'emporter la victoire.A condition précise-t-il que le scrutin, dont le premier tour a été contesté par les principaux candidats, se déroule de façon libre et transparente.
"Je peux vous garantir que je vais gagner, c'est sûr !", plastronne-t-il avant les deux débats télévisés qui doivent l'opposer à Andry Rajoelina d'ici au deuxième tour.
En cas de victoire, il promet aussi de choyer l'armée qui avait précipité sa chute en 2009.
"J'ai alors négligé les militaires en me concentrant sur le domaine du développement rural et de l'éducation", dit-il, "c'est ma seule erreur que je reconnais aujourd'hui".
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