Corruption dans "la passation des marchés publics", dans "les opérations de dédouanement", mais aussi dans "les concours de recrutement de la fonction publique", "l'impunité" règne, selon le rapport de cette ONG, soutenue par Transparency International, qui milite pour la justice sociale, la transparence et la bonne gouvernance en Côte d'Ivoire. Selon l'indice de perception de la corruption de Transparency International, la principale organisation non-gouvernementale de lutte contre la corruption dans le monde, la Côte d'Ivoire se classe au 103e rang sur 180 pays.Dans une enquête réalisée en 2017 par Afrobaromètre (citée dans le rapport), un Ivoirien sur deux déclarait payer des pots-de-vin aux agents de police ou de gendarmerie pour éviter des problèmes, un sur trois payait les agents de l'administration pour se faire délivrer des documents, et deux tiers considéraient que signaler un cas de corruption était dangereux, du fait du risque de représailles.D'autant qu'une personne interrogée sur deux jugeait "peu probable que l'Etat réagisse", a détaillé Michel Silwe, directeur exécutif du Centre de Recherche et de Formation sur le Développement Intégré, une ONG qui milite pour la bonne gouvernance, partenaire de l'Afrobaromètre."Or la Côte d'Ivoire a besoin de résultats dans la lutte contre la corruption pour se développer", selon Laurent Manlan, un magistrat ivoirien rédacteur du rapport de Social Justice."Les effets de la corruption", du fait du détournement des deniers publics, sont par exemple "une santé et une éducation de mauvaise qualité" pour le peuple ivoirien, a affirmé M. Manlan, président de l'association Transparency justice, qui lutte contre ce fléau dans le secteur judiciaire, qui est selon lui "le troisième secteur le plus corrompu" du pays."Je n'ai jamais vu aucun magistrat condamné pour corruption", a-t-il affirmé à l'AFP. De manière générale, quelque soit le secteur, des procédures sont parfois engagées, mais les condamnations sont rares, selon lui.La Côte d'Ivoire a mis en application en 2012 la Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, et mis en place une Haute Autorité pour la bonne gouvernance, mais celle-ci n'est pas indépendante et n'a jamais produit de rapport annuel comme elle devait le faire, note le rapport de Social Justice.Cependant, les efforts peuvent payer : une brigade spéciale anticorruption mise en place par la police nationale a permis de faire baisser de moitié en trois ans le montant des rackets effectués par les policiers, gendarmes et douaniers, de 300 à 150 milliards de francs CFA (450 à 225 millions d'euros), selon M. Manlan.
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