"Le seul avantage que ces bandits ont par rapport à nous c'est qu'ils possèdent des AK47, alors que nous n'avons rien que des bâtons pour nous défendre", a lancé l'Emir d'Anka, Alhaji Attahiru Ahmad, grande figure traditionnelle de l'Etat de Zamfara. "Le gouvernement (local) devrait aussi donner des fusils AK47 aux CJTF (milices civiles), ainsi que des fusils à pompe et les permis pour pouvoir les utiliser contre l'ennemi", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie où les 8.500 miliciens recevaient chacun une moto pour lutter "contre les vols de bétail et les gangs" qui opèrent dans cet Etat depuis des années. L'Etat de Zamfara, région très pauvre et où la grande majorité de la population est analphabète, est victime depuis plusieurs années de gangs qui sèment la terreur dans les villages, volent le bétail, tuent ou opèrent des kidnappings contre rançon. La situation s'est fortement dégradée dans cet Etat frontalier du Niger et la région est quasiment devenue inaccessible, victime de groupes criminels ou jihadistes épars, parfois non identifiés. Selon l'Emir local, l'Etat est désormais "en état de siège": "Les choses empirent un peu plus chaque jour. Les criminels ont changé leur stratégie, nous devons changer la nôtre". Des membres de la Civil Joint Task Force (CJTF) sont présents dans tous les Etats soumis à de gros problèmes sécuritaires. Ce sont des groupes censés appuyer les forces de sécurité locales mais qui agissent souvent pour le compte des gouvernements locaux, qui sont actuellement en pleine campagne électorale avant les élections générales de février 2019. Les CJTF sont responsables de nombreux abus des droits de l'Homme à travers le pays. La semaine dernière la police nigériane a affirmé avoir tué "plus de cent bandits" à Zamfara dans une embuscade. Candidat à sa propre succession en février prochain, le président Muhammadu Buhari fait face à un bilan sécuritaire très critiqué dans ce pays confronté notamment à une multiplication des attaques du groupe jihadiste Boko Haram.La situation sécuritaire a suscité l'inquiétude du Niger voisin qui a annoncé en août dernier l'envoi de renforts de forces de sécurité dans la région de Maradi (centre-sud), proche du Nigeria et de l'Etat de Zamfara.
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