Tunisie: manifestations pour le départ du président, touristes rapatriés

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TUNIS (AFP)

Des milliers de manifestants ont de nouveau exigé vendredi, à Tunis comme en province, le départ immédiat du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, jugeant ainsi insuffisantes les promesses du chef de l'Etat de quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014. 

La dégradation de la situation commence également à affecter le tourisme, secteur-clé de l'économie: des voyagistes européens ont décidé d'évacuer plusieurs milliers de leurs clients après que des pillages se sont produits jeudi dans la station balnéaire très fréquentée de Hammamet (nord).

Le bilan du mouvement de contestation du régime Ben Ali, en place depuis 23 ans, et sa sanglante répression ne cesse par ailleurs de s'alourdir: deux civils ont été tués jeudi soir à Kairouan (centre) au moment même où le président Ben Ali ordonnait la fin des tirs sur les manifestants.

Au moins 66 personnes ont trouvé la mort depuis le début, mi-décembre, de ces émeutes hostiles au pouvoir, selon un bilan donné jeudi par la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH).

"Je vous ai compris", avait martelé le chef de l'Etat jeudi soir dans sa troisième intervention télévisée depuis le début des violences.

"Non à Ben Ali", "Soulèvement continu, non à Ben Ali", lui ont répondu vendredi des centaines de manifestants dans la capitale.

Entonnant l'hymne national, ils ont défilé dans la matinée sur l'artère principale, l'Avenue Habib Bourguiba, avant de passer devant le ministère de l'Intérieur.

"Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur" et "hommage au sang des martyrs" ou encore "non, aux Trabelsi (ndlr: la belle famille du président) qui a pillé le pays", scandaient les manifestants, dont des avocats.

Devant le ministère, Radia Nasraoui, avocate et activiste des droits de l'homme, était présente pour demander des éclaircissements sur le sort de son mari, Hamma Hammami, dirigeant du Parti des ouvriers communistes tunisiens (POCT), arrêté mercredi par la police.

A Sidi Bouzid (sud-ouest) d'où est parti, il y a un mois, le mouvement de contestation, quelque 1.500 personnes ont également défilé vendredi aux cris de "Ben Ali dehors", tandis qu'à Regueb, une localité proche, 700 personnes aussi ont lancé des slogans hostiles au chef de l'Etat.

A Kairouan (centre), des marcheurs ont crié "Ben Ali dehors", de même qu'à Gafsa, dans le sud-ouest, selon des sources syndicales.

Le syndicat unique avait appelé à une grève de deux heures dans la région de Tunis et des internautes et étudiants se sont aussi mobilisés pour le maintien de rassemblements.

Les sites internet qui étaient bloqués étaient de nouveau accessibles jeudi soir, peu après la promesse du président de garantir "la liberté totale" de l'information et de l'accès au web.

"Ben Ali vous a mis dans la poche, ne baissons pas les bras, continuons le combat pour la liberté!", a toutefois déclaré une étudiante sur Facebook.

Jouant l'ouverture après le discours présidentiel à la Nation, le ministre tunisien des Affaires étrangères Kamel Morjane a estimé possible la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Le discours présidentiel avait été plutôt bien accueilli jeudi soir par les différentes composantes de l'opposition, harcelée par le régime.

Mais des sceptiques comme l'avocat et défenseur des droits de l'Homme Mohamed Abbou ont dit ne pas croire le président en déclarant qu'il "se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain".

Et pour le chef en exil du mouvement islamiste tunisien Ennahda, Rachid Ghannouchi, "le système du parti unique est fini".

Les violences ont par ailleurs commencé à affecter le tourisme.

La filiale allemande du voyagiste britannique Thomas Cook a annoncé vendredi qu'elle allait rapatrier le jour même vers l'Allemagne quelque 2.000 touristes se trouvant en Tunisie, et annulé tous ses départs vers le pays jusqu'au 17 janvier.

Des voyagistes belges ont également décidé par précaution d'évacuer d'autorité leurs centaines de clients actuellement en vacances en Tunisie.

La société Thomas Cook Belgique a déjà affrété un avion pour rapatrier un groupe de 180 clients qui devrait arriver à Bruxelles en provenance de l'aéroport d'Enfidha (75 km au sud de Tunis).Le voyagiste a décidé de suspendre tous ses voyages vers la Tunisie jusqu'au vendredi 21 janvier.

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