"Les Erythréens, les Ethiopiens ont déjà reçu des papiers pour quitter le Niger pour l'Europe, l'Amérique (...) il y a des discriminations et nous sommes venus ici pour savoir pourquoi", a déclaré à l'AFP Younoussa Ibrahim, le porte-parole des protestataires. "C'est le HCR qui nous a amenés ici de Libye depuis une année et nous voulons savoir si on nous a trouvé une solution pour quitter le Niger".Une dizaine de protestataires agitaient des banderoles pour attirer l'attention des usagers d'une des principales routes du quartier résidentiel du Plateau qui abrite le siège du HCR. D'autres étaient couchés sous un hangar du parking de l'agence onusienne. "Nous ne bougerons pas d'ici sans connaître notre sort", a crié l'un d'eux, la tête posée sur un petit sac contenant des vêtements. "Ces gens veulent être réinstallés dans un pays tiers (en Europe notamment) mais je leur ai expliqué que la question de leur réinstallation n'est pas pour le moment envisagée", a expliqué à la presse Alessandra Morelli, la responsable du HCR au Niger. Leur "réinstallation (dans un Etat tiers) est liée à des quotas qu'offrent ces pays", a-t-elle précisé. "Je comprends leur frustration" mais "le Niger les protège, on (leur) donne du pain, ils ont une maison et en plus du travail sur des chantiers de construction", a assuré la responsable du HCR. Selon le HCR, ces Soudanais avaient "fui des conditions d'insécurité au Darfour (Soudan)" puis ont été installés dans des camps de réfugiés au Tchad qu'ils avaient quittés pour aller chercher du travail en Libye.Depuis novembre 2017, plus 1.500 de réfugiés ont été évacués de la Libye vers le Niger, selon le HCR. Des centaines de demandeurs d'asile ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande, et d'autres attendent un pays d'accueil. En visite en juillet au Niger, le président du Parlement européen Antonio Tajani avait critiqué les Européens peu enclins à accueillir ces demandeurs d'asile. Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait promis que le Niger continuerait à accueillir des demandeurs d'asile mais avait souhaité qu'ils "ne restent pas longtemps" dans son pays.
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