Ce comité, chargé du suivi des sanctions contre la Centrafrique, a précisé que les leaders de l'ex-Séléka se réarmaient face au déploiement, dans les zones sous leur influence, de troupes gouvernementales nouvellement formées. "L'arrivée d'armes du Soudan, constatée depuis janvier 2018, a abouti à ce que des combattants de l'UPC et du FPRC soient de plus en plus aperçus avec des pistolets et des fusils d'assaut type AK, tout comme des lance-grenades et des mitrailleuses installés sur leurs véhicules", précise ce document adressé au Conseil de sécurité. L'unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) sont deux factions issues de l'ex-Séléka, rébellion majoritairement composée de musulmans du nord du pays qui avait pris le pouvoir à Bangui entre mars 2013 et janvier 2014.En réponse, des milices d'auto-défense antibalaka, composées de Centrafricains en majorité chrétiens et animistes, avaient mené une contre-offensive.Depuis 2013, l'ONU interdit à la Centrafrique de se procurer des armes et des munitions. Mais le Conseil de sécurité a approuvé les envois d'armes de France, Russie, Chine, des Etats-Unis et de la Belgique afin de consolider une armée centrafricaine mal équipée. Des formateurs militaires - de Russie et de l'Union européenne - ont également été envoyés dans le pays. "Pour renforcer leur position militaire en vue du futur dialogue et se préparer à une possible confrontation avec les forces nationales de sécurité et de défense, les groupes de l'ex-Séléka ont continué à acquérir des armes", estiment ces experts.Selon ce rapport, la faction UPC a reçu une livraison de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de munitions en avril et un nouvel accord a été passé en septembre avec les trafiquants soudanais équivalant à 165.000 dollars.L'Union Africaine tente depuis juillet 2017 de faire s'asseoir autour de la table des négociations les groupes armés et le gouvernement.Ce rapport a été publié cette semaine avant un vote au Conseil de sécurité attendu autour du 30 janvier et portant notamment sur le renouvellement de l'embargo sur les armes.Le mois dernier, la mission de paix de l'ONU en Centrafrique a été renouvelée par le Conseil, qui prévoit le maintien jusqu'au 15 novembre 2019 d'une force de Casques bleus (Minusca) pouvant comprendre jusqu'à 11.650 militaires et 2.080 policiers.
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