Le référendum du Sud-Soudan est "crédible" et la sécession "pratiquement certaine", ont jugé lundi les observateurs internationaux de ce scrutin qui mènera à l'indépendance de cette vaste région nichée au coeur du continent africain.
"Globalement, le processus référendaire à ce stade a été un succès et globalement conforme aux normes internationales", ont soutenu les observateurs du Centre Carter, fondation éponyme de l'ex-président américain Jimmy Carter, qui avait déployé près d'une centaine d'observateurs.
"Selon les premières informations concernant les résultats du décompte, il semble pratiquement certain que les résultats soient en faveur d'une sécession," ont soutenu les observateurs américains.
Plus de 3,25 millions des quatre millions d'électeurs inscrits ont voté, un taux de participation supérieur à 80%, s'est déjà félicitée la commission référendaire.Celle-ci a distillé au compte-gouttes des premiers résultats indiquant une avance écrasante de l'option sécessionniste.
Des résultats plus complets pourraient être publiés au cours des prochains jours, alors que les résultats définitifs sont attendus pendant la première moitié de février.
La chef de la mission des observateurs de l'Union européenne, Véronique de Keyser, a aussi souligné lundi la qualité du scrutin soudanais."Les termes que nous utilisons ici sont: pacifique et crédible", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Khartoum.
"Il y a seulement eu quelques cas isolés d'intimidation" par des responsables gouvernementaux dans les centres de vote, a précisé M. de Keyser, qui avait dirigé la mission d'observation de l'UE lors des élections soudanaises d'avril.
Le Centre Carter et l'UE avaient alors conclu que ces élections, ayant reconduit au pouvoir le président Omar el-Béchir, porté à la tête de l'Etat en 1989 par un coup d'Etat, n'avaient pas respecté les "normes internationales" en matière de démocratie.
"Le processus référendaire a été libre, juste et crédible", a aussi jugé lundi Yusuf Nzibo, chef de la mission d'observation de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), qui réunit six Etats d'Afrique de l'est, dont plusieurs sont voisins du Sud-Soudan.
Même son de cloche du côté de la Ligue arabe, qui a souligné un scrutin en phase avec les "normes internationales".
"Nous sommes heureux que les observateurs internationaux et locaux aient conclu que le référendum était libre, crédible et transparent", s'est félicité Pagan Amum, secrétaire général du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), ex-rebelles à la tête du gouvernement semi-autonome du Sud-Soudan.
Le président du Sud-Soudan semi-autonome Salva Kiir a appelé dimanche la population à accorder son pardon au Nord du pays pour les violences pendant la guerre civile Nord-Sud à l'origine de deux millions de morts de 1983 à 2005.
Des affrontements dans et autour de l'enclave disputée d'Abyei, située à la frontière du Nord et du Sud du Soudan, ont fait au moins 37 morts depuis le début du mois de janvier, mais n'ont pas perturbé le déroulement de ce scrutin qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier.
Les responsables du Nord et du Sud doivent négocier d'ici juillet, date effective de la sécession du Sud-Soudan, les termes de leur divorce pour le partage des revenus pétroliers, la démarcation de la frontière, différend sur la région d'Abyei, citoyenneté des Sudistes au Nord.
"Nous encourageons toutes les parties à continuer d'appeler au calme et à montrer de la retenue, alors que les parties travaillent à l'application de l'accord de paix de 2005", a souligné dimanche le président américain Barack Obama.
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