Mohammed Ghannouchi, dernier Premier ministre du président tunisien déchu Ben Ali, a annoncé lundi qu'il avait formé un gouvernement d'union nationale, comprenant trois chefs de l'opposition, chargé de gérer la transition jusqu'aux prochaines élections.
Il a également annoncé la libération de tous les prisonniers d'opinion, la "liberté totale d'information" et la levée de l'interdiction d'activité de toutes les ONG, dont la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.
Le Premier ministre, qui s'exprimait devant des journalistes au palais du gouvernement, a donné la liste des 24 ministres et ministres délégués de ce "gouvernement d'union nationale", chargé de gérer le pays jusqu'à la tenue de prochaines élections présidentielle et législatives.
"C'est un gouvernement qui intègre les différents partis et les composantes de la société civile", a souligné M. Ghannouchi.
Trois chefs de partis politique de l'ancienne opposition au régime du président Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui vers l'Arabie saoudite après 23 ans de règne sans partage, font partie de ce gouvernement.
Ces trois personnalités sont Nejb Chedid, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP, formation d'opposition légale la plus radicale) au ministère du développement régional, Ahmed Ibrahim, chef du mouvement Ettajdid (Renaissance, ex-communiste), à l'Enseignement supérieur et à la recherche scientifique, et Mustapha Ben Jafar qui dirige le Front démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), à la Santé.
Six membres de l'ancien gouvernement Ben Ali ont aussi été reconduits, dont le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères Kamel Morjane et celui de l'Intérieur, Ahmed Kriaâ.
Des représentants de la société civile figurent aussi dans ce gouvernement.
M.Ghannouchi a aussi indiqué que le ministère de l'Information, accusé de censurer la liberté de la presse et d'expression dans le pays, a été supprimé.
Il a précisé avoir soumis la liste du nouveau gouvernement au président par intérim, Foued Mebazaa.
La composition du gouvernement de transition va être scrutée à la loupe par les Tunisiens, qui n'entendent pas se faire confisquer leur révolution dite "du jasmin", qui a fait tomber le régime après un mois d'une révolte populaire sans précédent réprimée dans le sang par le pouvoir déchu et qui s'est soldée par au moins 66 morts.
Des centaines de personnes ont manifesté lundi à Tunis et en province, pour demander l'exclusion des hommes politiques liés à l'ancien régime, dont Mohammed Ghannouchi, du nouveau gouvernement.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.