Dix ONG camerounaises ont exprimé lundi leur préoccupation suite à l'opposition du gouvernement camerounais à un financement de l'Union européenne (UE) en faveur d'un collectif d'associations locales de défense des homosexuels.
Les dix ONG spécialisées dans la défense des droits de l'homme et la lutte contre le VIH affirment qu'elles "sont préoccupées par l'opposition du gouvernement camerounais au financement de l'Union Européenne destiné à soutenir le travail (d'un) collectif (d')associations (...) auprès de personnes homosexuelles", dans un communiqué conjoint transmis à l'AFP.
Elles demandent au gouvernement de "reconsidérer" sa position et de "faire preuve de cohérence politique", tout en respectant "les engagements pris délibérément au niveau international" en matière de défense des droits de l'homme et de lutte contre le sida.
Début janvier, un collectif de trois associations locales a reçu de l'UE à Yaoundé un financement de 200 millions de FCFA (environ 305.000 euros) pour son "projet d'assistance et d'encadrement des minorités homosexuelles".
Le 13 janvier, le ministre des Relations extérieures (Affaires étrangères), Henri Eyebe Ayissi, a convoqué le représentant de l'UE au Cameroun, Raoul Mateus Paula, pour lui signifier "la désapprobation du gouvernement face (à ce) financement", selon le quotidien d'Etat Cameroon Tribune.
"Le peuple camerounais n'est pas prêt, ni disposé à aller dans ce sens du développement de ces pratiques (homosexuelles) sur son territoire", avait déclaré M. Eyebe Ayissi, cité par le journal.
La législation camerounaise interdit les pratiques homosexuelles, prévoyant des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison ferme.
Dans leur communiqué, les dix ONG demandent également au gouvernement de "protéger les défenseurs des droits de l'homme et les acteurs de la lutte contre le VIH auprès des personnes homosexuelles", estimant que leurs "vies sont aujourd'hui mises en danger par les menaces perpétrées par le biais de médias camerounais".
Elles souhaitent aussi qu'il reconnaisse "que des citoyens camerounais sont victimes de violations sur la base de leur supposée ou réelle orientation sexuelle ou identité de genre".
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