Trois d'entre eux, Charles Sirleaf, Milton Weeks et Dorbor Hagba, en détention depuis la fin de la semaine dernière, ont été conduits en prison à l'issue de l'audience dans une salle comble du tribunal de Monrovia en attendant la date de leur procès, ont constaté des correspondants de l'AFP.Leurs deux coprévenus en fuite, Richard Walker and Joseph Dennis, ont également été inculpés.Il leur est notamment reproché d'avoir fait imprimer sans autorisation, de janvier 2016 à février 2018, un excédent de billets de dollars libériens et "de ne pouvoir rendre compte de 2,645 milliards (environ 14,4 millions d'euros ou 16,3 M USD) que les prévenus ont frauduleusement détourné à leur propre usage et bénéfice", selon l'accusation, a indiqué le juge Kennedy Peabody.Le président George Weah, qui a succédé en janvier 2018 à Mme Sirleaf, avait annoncé en septembre l'ouverture en août d'une enquête sur l'entrée de billets d'un montant de quelque 16 milliards de dollars libériens (99 millions USD ou 87 millions d'euros) destinés à la Banque centrale, dont une partie aurait disparu, selon certaines informations non vérifiées.En octobre, le gouverneur de la CBL, Nathaniel Patray avait catégoriquement démenti la disparition de ces 16 milliards, assurant que la totalité se trouvait "dans les coffres" de la banque.Dans un audit réalisé à la demande des Etats-Unis, sollicités par le Liberia, et rendu public la semaine dernière, le cabinet conseil américain Kroll Associates conclut que les billets imprimés ont bien été livrés à la Banque centrale, mais relève de nombreuses "incohérences à chaque étape du processus d'entrée et de sortie des billets de la CBL"."Le peuple libérien sait maintenant que les 16 milliards de dollars libériens n'ont pas disparu", s'est félicité M. Weah, cité dans un communiqué de la présidence lundi, promettant de "suivre les conclusions de l'enquête, quelles qu'elles soient".Le cabinet de conseil américain se montre pourtant très critique de la manière dont l'administration Weah a injecté dans l'économie, de juillet à octobre 2018, 25 millions de dollars américains afin "d'éponger la liquidité excessive de dollars libériens". Selon l'audit, la méthode retenue a "augmenté le niveau de risque" de malversations. Elu sur un programme en faveur des plus pauvres, George Weah, légende du football international, a annoncé en juillet un train de mesures monétaires et fiscales destinées à enrayer la chute du dollar libérien et lutter contre l'inflation dans ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest.
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