RDC: un policier tué dans l'attaque d'un centre de traitement d'Ebola, l'OMS poursuit la riposte

Infos. Un policier a été tué et un membre du personnel de santé blessé dans une nouvelle attaque d'un centre de traitement d'Ebola, samedi à Butembo, où le directeur général de l'OMS a affirmé vouloir poursuivre la riposte tant que l'épidémie ne serait pas éradiquée dans l'est de la RD Congo.

RDC: un policier tué dans l'attaque d'un centre de traitement d'Ebola, l'OMS poursuit la riposte
"L'épidémie d'Ebola n'est pas encore contrôlée et l'insécurité actuelle peut avoir un impact, en nous faisant régresser par rapport au gain réalisé depuis le début" de la riposte", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé qui bouclait une visite de plus de 4 heures à Butembo (Nord-Kivu).Jeudi, Médecins sans frontières avait conclu que sept mois après la déclaration de l'épidémie, "la riposte ne parvenait pas à prendre le dessus" et à "maîtriser l'épidémie". Les autorités estiment pour leur part que l'épidémie est "relativement maîtrisée"."Nous n'allons pas (cesser la riposte) tant que le travail n'est pas totalement terminé", a dit le Dr Tedros Adhanom; "La militarisation de la riposte n'est pas souhaitée, mais nous devons aussi nous préoccuper de la sécurité du staff qui travaille contre Ebola".Au cours de sa visite, il a reçu les veuves du policier tué le matin et d'un infirmier tué en février par des inconnus.Tôt le matin, "le centre de traitement d'Ebola de Butembo a subi une attaque. Des tirs ont commencé vers 6H00 (4H00 GMT) puis ont repris 30 minutes après avec la résistance de l'armée et de la police", a déclaré à l'AFP Sylvain Kanyamanda Mbusa, maire de Butembo. "Nous sommes dans le regret, un policier a été directement tué dans l'attaque"."L'armée et la police ont pu attraper l'un des assaillants, un milicien maï-maï, ce qui permettra de connaître les mobiles de l'attaque du CTE", a ajouté M. Kanyamanda. "Un membre du personnel de santé a été aussi atteint (par balle). Il est pris en soins à l'hôpital. Nous espérons que son cas va s'améliorer", a-t-il indiqué. "C'est la troisième attaque visant un CTE".L'attaque de samedi est la deuxième contre le centre de Butembo, après celle du 27 février qui avait conduit à sa fermeture. Il avait rouvert le 4 mars.Ces attaques s'inscrivent "dans le registre des résistances qui ne se font plus au niveau de la population, mais au niveau des groupes armés qui ciblent désormais des structures de santé avec pour objectif de tuer les malades", a expliqué le maire de Butembo.Une nouvelle zone de santé est touchée par l'épidémie, celle de Lubero (Nord-Kivu), où "un cas confirmé a été notifié", a indiqué vendredi le bulletin quotidien du ministère de la Santé. "C'est la vingtième zone de santé ayant enregistré au moins un cas d'Ebola au cours de l'épidémie".La dixième épidémie d'Ebola a été déclarée le 1er août 2018 dans le Nord-Kivu avant de toucher la province voisine de l'Ituri (nord-est).La lutte contre l'épidémie a été perturbée par des attaques de groupes armés, dans cette région, en proie à plusieurs conflits.La semaine dernière, MSF a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à la suite d'attaques contre deux centres de traitement.Les autorités congolaises ont rouvert les deux centres, qui seront désormais cogérés par le ministère de la Santé, l'OMS et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef)."Depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 918, dont 853 confirmés et 65 probables. Au total, il y a eu 578 décès (513 confirmés et 65 probables) et 306 personnes guéries", selon le ministère de la Santé.

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