Quelque 760.000 électeurs étaient appelés aux urnes pour un scrutin à la proportionnelle à un tour, avec pour la première fois un minimum de 36% de femmes candidates sur les listes des 21 partis en lice, pour 102 sièges à pourvoir.Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures.
Les bureaux ont commencé à fermer à 17H00 (GMT et locales), sans incident notable signalé dans la journée.Seuls un peu moins de 3% des électeurs n'ont pu voter car leurs noms n'étaient pas inscrits sur les listes, a indiqué à l'AFP le président de la Commission nationale des élections (CNE), Pedro Sambù.
"Cela n'a pas été facile, mais je suis heureux aujourd'hui parce que depuis 1994, année de l'ouverture démocratique, aucune législature n'est arrivée à terme", a déclaré le chef de l'Etat José Mario Vaz, après avoir voté dans la matinée près de la présidence, en référence à l'instabilité chronique du pays.
Son grand rival, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), dont M. Vaz est également issu, a voté en banlieue de la capitale.
La crise a éclaté en août 2015 lorsque le président M. Vaz a limogé M. Pereira, qui était alors son Premier ministre.
Jusqu'à la désignation en avril 2018, grâce à une médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), d'un Premier ministre de consensus chargé d'organiser ces élections, le Parlement a été bloqué pendant deux ans, empêchant le vote du budget, et retardant encore le paiement des fonctionnaires, source perpétuelle de grèves dans ce pays financièrement précaire.
- 'Discipline et mobilisation' -
Cette crise inquiète d'autant plus la communauté internationale que l'élection de M. Vaz avait marqué un retour progressif à l'ordre dans ce pays caractérisé par l'instabilité - avec des tentatives de putsch à répétition - qui a favorisé l'implantation de trafiquants de drogue sous la protection de hauts gradés.
L'un d'entre eux, l'ancien chef de la Marine, Bubo Na Tchuto, rentré au pays en 2016 après avoir purgé une peine de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue, a d'ailleurs voté dans le même bureau que le président Vaz, où les électeurs se sont massés dès l'ouverture.
Le PAIGC (actuellement 42 sièges), le Madem-G15, formé par 15 députés frondeurs de l'ex-parti unique qu'ils ont amputé de sa majorité, et le Parti du renouveau social (PRS, 41 sièges), réputé proche d'une partie de la hiérarchie militaire, espèrent s'imposer, le Premier ministre étant issu de la formation victorieuse dans ce régime parlementaire inusité dans la région.
Pour Suncar Fati, chauffeur de profession, "il faut payer les professeurs et aussi augmenter les salaires des gens.Car avec ce que nous gagnons, nous pouvons à peine acheter un sac de riz".
Une douanière, Sonila Loreto Gomes "espère que celui qui gagnera aura l'ambition de développer ce pays et qu'il donnera la priorité à la Guinée-Bissau pour la faire avancer.Car nous sommes vraiment fatigués".
Malgré l'enjeu, le scrutin s'est déroulé dans le calme, selon l'ONU et les différentes missions d'observation électorale, notamment de l'Union africaine (UA) et de la Cédéao, dont une force, l'Ecomib, est déployée dans le pays depuis 2012 pour y sécuriser la transition politique après le dernier putsch, qui avait interrompu la présidentielle cette année-là.
"Nous avons constaté un calme et une discipline de la part des électeurs et une forte mobilisation", a déclaré Kadré Désiré Ouédraogo, le chef de la mission de la Cédéao, qui a déployé 40 observateurs.
L'annonce des résultats est généralement source de tensions dans ce pays, où l'armée a été mise en état d'alerte, ont affirmé samedi à l'AFP des sources militaires.
Un succès du PAIGC pourrait conduire à une nouvelle confrontation avec M. Vaz, alors qu'une élection présidentielle doit également se tenir d'ici à la fin du premier semestre.
Dans une résolution du 28 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a salué la "retenue" des forces armées, insistant sur la nécessité qu'elles "continuent de s'abstenir de toute ingérence dans la situation politique".
Initialement fixé au 18 novembre, le scrutin a été reporté de quatre mois en raison de problèmes politiques et techniques, notamment dans l'enregistrement des électeurs.
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