Le gouvernement tunisien de transition a adopté jeudi un projet de loi d'amnistie générale qui concernera aussi les islamistes du parti interdit Ennahdha et qu'il va présenter au Parlement, ont annoncé deux ministres, à la sortie du premier conseil de l'après Ben Ali.
"Le ministre de la Justice a présenté un projet de loi d'amnistie générale, qui a été adopté par le Conseil des ministres, qui a décidé de le soumettre au Parlement", a déclaré à l'AFP le ministre du Développement, Ahmed Néjib Chebbi.
"Le mouvement Ennahdha sera concerné par l'amnistie générale", a précisé le ministre de l'Enseignement supérieur Ahmed Ibrahim, devant des journalistes.
Interdit sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier pour l'Arabie saoudite à l'issue d'un mois de révolte populaire sans précédent, le parti islamiste Ennahdha avait annoncé mardi qu'il allait demander sa légalisation.
Le Premier ministre du nouveau gouvernement de transition, Mohammed Ghannouchi, avait annoncé lundi entre autres mesures de démocratisation que tous les partis politiques qui le demanderont seront légalisés.
Fondé en 1981 par des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens, Ennahda (renaissance) a été d'abord toléré, y compris par le régime du président Ben Ali, arrivé au pouvoir en 1987.
Mais après les élections de 1989 auxquelles les islamistes s'étaient présentés sous une liste "indépendante" et avaient enregistré un score de 17%, ses militants ont été pourchassés et emprisonnés.
"A partir de demain, la commission chargée de préparer les élections commencera à travailler.Il y a des lois à écrire, d'autres à revoir, dans un esprit de concertation avec toutes les tendances et toutes les sensibilités, sans aucune exception", a aussi déclaré à la presse Ahmed Ibrahim, chef du parti Ettajdid (ex-communiste).
Selon la Constitution tunisienne, les élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu dans un délai maximum de deux mois, en cas de vacance du pouvoir.Mais le Premier ministre a indiqué qu'elles auraient lieu "d'ici six mois".
"Il y a des solutions pour réussir cette transition sans être en dehors de la Constitution, malgré les limites du système politique et des lois actuelles", a jugé M. Ibrahim.
"Nous travaillons à réussir ce pari, dans le cadre de la continuité de l'Etat et il n'est pas question de créer un vide.Le gouvernement a assumé ses responsabilités avec assurance, mais il reste en même temps à l'écoute de la rue et du peuple", a-t-il souligné.
Depuis plusieurs jours, des milliers de Tunisiens manifestent à Tunis et en province, pour dénoncer la présence de caciques de l'ancien régime aux postes clés du gouvernement d'union nationale formé lundi.
Pour calmer la colère populaire, les ministres qui étaient membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti qui règne sans partage sur la vie politique en Tunisie depuis 23 ans, en ont démissionné jeudi.
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