"L'indépendance des chercheurs n'est pas négociable", titre la tribune, datée du 27 mars et publiée sur le site du quotidien Le Monde.Le rédacteur en chef de la revue, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, a démissionné en dénonçant un "blocage de nature politique" par l'AFD, qui relève du ministère français des Affaires étrangères, d'un dossier consacré aux conflits au Mali. Il a été suivi par quatre chercheurs membres du conseil scientifique de la revue."Il n'a jamais été question de retirer un quelconque article que ce soit du dossier, y compris ceux qui étaient critiques", a déclaré à l'AFP le directeur de la rédaction d'Afrique contemporaine, Thomas Mélonio, récusant toute "censure". "En revanche, ce qui a été demandé, dès lors qu'il y avait des positions très tranchées qui étaient exprimées, c'était qu'il y ait des contrepoints (...) pour produire un dossier complet et équilibré", a-t-il argué, ajoutant: "il y a eu un désaccord là-dessus". "L'objectif c'est que la revue ne soit pas vue comme partisane, favorable à la majorité ou à l'opposition de tel ou tel pays", a-t-il ajouté.Pour les signataires de la tribune, cette "suspension" du dossier par l'AFD, bailleur financier de la revue, "interroge la liberté d'expression académique sur des sujets sensibles, en particulier à propos d'un pays, le Mali, où l'armée française intervient massivement depuis 2013".Elle interroge "plus spécifiquement la capacité des décideurs politiques à entendre une analyse critique sur les engagements militaires de la France et de la communauté internationale", poursuivent-ils. Les signataires comptent des chercheurs de tous horizons en France, en Belgique, au Canada et en Afrique, anthropologues, historiens, politologues ou économistes. "On m'a parlé, entre autres, de risques diffamatoires et +réputationnels+ pour l'AFD", a expliqué Marc-Antoine Pérouse de Montclos dans le quotidien La Croix en pointant notamment des sujets sur "la corruption de l'Etat malien et des tueries commises par son armée dans le centre du pays"."La revue Afrique contemporaine est morte (...) Une intervention politique vient de censurer et interdire la publication de notre dossier sur le Mali après l'approbation du comité scientifique", a tweeté Bruno Charbonneau, directeur du Centre de recherche FrancoPaix à Montréal et coordinateur du dossier.Dans le cadre de l'opération Barkhane, la France compte 4.500 soldats dans les pays du Sahel, dont 2.700 sur le territoire malien.Un accord de paix avait été signé à Bamako en 2015, mais trois ans et demi après, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques.
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