Le président tchadien Idriss Deby Itno estime que la sécession du Sud-Soudan crée un "précédent extrêmement grave" en Afrique après qu'une majorité s'est exprimée par référendum pour l'indépendance de ce territoire, dans une interview à TV5Monde à diffuser dimanche.
"Il y avait d'autres solutions.Je suis contre, par principe, la division entre des pays africains et les traités de l'ONU, de l'UA (Union africaine) parlent de l'intangibilité des territoires hérités de la colonisation.Maintenant, on a mis ça en cause, (c'est) un précédent extrêmement grave.Demain, quel sera le second pays qui va se déchirer ?", a dit M. Deby dont le pays est frontalier du Soudan.
Le Sud-Soudan a déjà obtenu la majorité des voix nécessaires par référendum afin de devenir un Etat indépendant, selon des résultats préliminaires compilés mercredi par l'AFP.
Ce scrutin est le point-clé de l'accord de paix global ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien, un conflit ayant fait plus de deux millions de morts, nordistes et sudistes confondus.
"Au moment où nous parlons de la création des Etats-Unis d'Afrique, des Etats fédérés d'Afrique (...), où on cherche à réunir tout le continent, on s'entête à diviser les pays: je trouve quand même que là il y a réellement des inquiétudes", a poursuivi M. Deby.
En réponse à une question sur la "pression américaine en faveur de cette partition", le président tchadien s'est montré critique."Non très franchement je n'ai jamais compris cette pression ...extérieure disons, qui aujourd'hui a (fait) basculer le sort d'un pays, de tout un peuple", a-t-il dit.
Les Etats-Unis, qui ont investi des millions de dollars en aide humanitaire pendant la guerre civile et accueilli des milliers de Sudistes, sont considérés comme un allié stratégique du Sud-Soudan, contrairement à la Chine, principal allié du pouvoir à Khartoum.
Le président soudanais Omar el-Béchir s'était engagé à reconnaître la sécession du Sud-Soudan à l'issue de ce scrutin qui devrait mener le 9 juillet prochain, date de la fin de l'accord de paix Nord-Sud, à la création d'un nouveau pays, le 193e au monde.
Le Tchad a longtemps entretenu des relations très tendues avec le Soudan, accusé à de nombreuses reprises d'héberger des rebelles cherchant à déstabiliser le pouvoir à N'Djamena, avant un réchauffement en cours depuis un an.
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