"Le rapport a mis au jour de graves violations dans l'attribution de marchés publics dans les secteurs de l'énergie, des routes, des pensions et des télécoms pour un montant de 1,036 milliard de dollars", a résumé le ministre des Finances, Jacob Jusu Saffa, lors d'une conférence de presse très suivie.Plus de 500 millions de dollars n'apparaissent pas dans la comptabilité de contrats attribués par l'administration des Routes, relève notamment l'étude portant sur la période 2015-2018 et réalisée par 50 experts (ingénieurs, auditeurs,...) de Sierra Leone, Tanzanie, Kenya et du Ghana grâce à un financement de l'agence de coopération britannique UK Aid.Plusieurs personnalités citées dans le rapport, interrogées par l'AFP, ont nié toute malversation mais se sont refusées à tout commentaire.Dans un résumé assorti de recommandations, les experts dressent un long catalogue de contrats surévalués, de prêts ou de dons non justifiés, d'absences de stratégie pour recouvrir les loyers ou les amendes et de non-respect de la législation et des règles de comptabilité par les administrations et sociétés publiques auditées."L'argent a été volé de comptes en banque du gouvernement. Nous récupérons toutes les sommes détournées afin de procurer des services de base à la population", a assuré le ministre des Finances du président Julius Maada Bio, qui a pris ses fonctions en avril 2018.M. Saffa a donné jusqu'à "fin juin 2019" aux contrevenants pour rembourser, sous peine de poursuites judiciaires."Ces sommes représentent trois fois le budget des soins de santé et cinq fois celui de l'éducation", a relevé le responsable de l'ONG locale Budget Advocacy Network, Abubakar Kamara.Plusieurs ex-responsables ont été arrêtés à la suite de la publication le 4 juillet d'un rapport accablant sur la "corruption galopante" sous l'administration Koroma, dont l'ancien ministre de la Défense, Alfred Paolo Conteh, qui a fait quelques jours de détention provisoire fin décembre pour corruption présumée dans une affaire d'achat de matériel militaire avant d'être libéré sous caution. Créée en octobre, une commission d'enquête a commencé en février ses auditions, une initiative dénoncée par l'ex-parti au pouvoir. Ses travaux doivent durer six mois.L'économie de cette ancienne colonie britannique a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.
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