Dans la capitale, mais aussi à Port-Gentil (ouest), Oyem (nord), Moanda (sud-est) et Makokou (est), des témoins ont signalé des marches d'élèves.A Port-Gentil, les forces de sécurité ont dispersé les manifestants à l'aide de gaz lacrymogène, a indiqué à l'AFP un habitant."Comment va-t-on faire? Déjà que c'est compliqué, mais là ils vont tuer l'éducation avec une mesure comme ça", s'est insurgé à l'AFP Matthieu, qui a manifesté à Libreville.Des syndicats d'élèves avaient vendredi appelé à un mouvement "Aucun élève en classe".Cet appel a suivi l'adoption en Conseil des ministres le 29 mars d'un décret modifiant une loi de 2012 sur les conditions d'attribution des bourses.Désormais, entre autres mesures, la demande de bourse doit être formulée à 19 ans maximum. Les étudiants dont l'âge est supérieur pourront demander un prêt étudiant auprès de banques.Ces modifications ont été introduites pour tenir compte des "évolutions économiques actuelles" du pays, précise le décret, alors que le Gabon subit une profonde crise économique depuis la chute du prix du baril de pétrole en 2014."J'espère que (le décret) va être changé, moi j'ai eu ma bourse à 22 ans", explique Lionel, étudiant de Moanda inquiet."Avez-vous pris la peine de vous pencher sur les conditions d'apprentissage dans notre pays" avant d'adopter ce décret, demande un autre élève de cette ville dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux.Au Gabon, beaucoup d'étudiants prennent du retard dans leur cursus, arrivant à l'université après 20 ans.Le bac à 19 ans "est devenu la norme", s'est réjoui le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, au quotidien progouvernemental l'Union.Au Gabon, pays d'Afrique centrale d'environ 1,5 million d'habitants, quelque 23.000 élèves ont passé le baccalauréat en 2018, selon les statistiques officielles, avec un taux de réussite au premier tour de 17% seulement."Les résultats 2018 du baccalauréat sont à peine moins catastrophiques que ceux de 2017", avait noté en août le président Ali Bongo Ondimba, qualifiant le secteur de l'éducation "sinistré".
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