A son arrivée au gymnase du lycée Paul Gondjout, situé dans le nord de Libreville, le ministre Michel Menga M'essone a été copieusement hué par plusieurs dizaines d'élèves venus l'écouter. Face à près de 700 lycéens, il a appelé les jeunes à "se constituer en délégation" pour "discuter avec le gouvernement" plutôt que de "descendre dans les rues".Depuis lundi, des milliers de lycéens manifestent dans les principales villes du pays contre un récent décret modifiant les règles d'attribution des bourses d'étude. Il fixe notamment à 19 ans l'âge maximum pour y avoir droit et exige au moins 12 de moyenne au bac.Devant un lycée du centre de la capitale où le ministre s'est ensuite rendu, Jodi, 19 ans, en classe de première, explique à l'AFP "être très inquiet pour (son) avenir". "Pour moi, c'est foutu, je n'aurai pas de bourse", déclare-t-il, résigné. "Je veux faire médecine, ma mère va emprunter, on va se serrer la ceinture, ça va être très difficile", raconte-t-il.A ses côtés, sa camarade Catherine, 16 ans et en classe de première, "ne se sent pas menacée, mais trouve cette réforme injuste"."Ici la grande majorité des élèves passent le bac après 19 ans. Beaucoup seront tout simplement incapables de payer leurs études à l'université, alors qu'il n'y a déjà pas d'emploi", peste-t-elle.Selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur gabonais, 65 % des admis au premier tour du baccalauréat en 2017 étaient âgés de vingt ans ou plus. Remontés, Catherine et Jodi ne sont pourtant pas allés manifester mardi. "J'avais peur des violences policières", explique la lycéenne.Lundi lors des marches, plusieurs élèves ont été arrêtés par la police, avant d'être relâchés, a indiqué mardi à l'AFP le président d'une organisation de jeunes, Geoffroy Foumboula.Selon lui, six représentants de la jeunesse gabonaise ont été arrêtés à leurs côtés et sont toujours détenus.En fin de parcours, le ministre de l'Education s'est rendu sur un carrefour d'un quartier populaire de Libreville, où des centaines de lycéens avaient convergé pour manifester leur mécontentement. Il a promis de "venir les rencontrer" mercredi dans leurs lycées, pour "discuter autour d'une table", plutôt que "dans la rue". Les organisations lycéennes ont appelé les jeunes à continuer de manifester "pacifiquement" mercredi.
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