Selon des témoins interrogés par l'AFP, tout a commencé à un barrage de police près du grand marché Bakara, dans le sud de Mogadiscio: un policier a ouvert le feu sur un chauffeur de tuk-tuk et l'a abattu ainsi que son passager.Muhidin Adan, un conducteur de tuk-tuk, a rapporté que le policier avait demandé au chauffeur de s'arrêter et a ouvert le feu alors que ce dernier déplaçait son véhicule pour le garer le long de la chaussée."Deux civils ont été tués, dont le chauffeur de tuk-tuk, près de l'intersection Holwadag et des manifestations ont éclaté quelques minutes après. Certains des manifestants se sont montrés violents, bloquant des routes et détruisant des échoppes sur leur passage", a déclaré à l'AFP Abdkarim Hassan, un commerçant du quartier.Trois manifestants été tués lors de ces échauffourées, toujours selon des témoins, qui ignorent s'ils ont été touchés par des tirs de la police ou de gardes de sécurité privé affectés à la protection d'un magasin de télécommunications."J'ai vu trois morts, touchés dans des échanges de tirs. Je ne suis pas sûr de qui tirait sur qui mais les gardes de sécurité de la société de télécommunications ont pris part à la fusillade. Les manifestants ont semble-t-il voulu forcer l'entrée et c'est là que les coups de feu ont commencé", a expliqué à l'AFP Elmi Mohamed, un témoin.Un autre témoin, Abdiweli Ado, a indiqué avoir vu deux cadavres au même endroit et confirmé que les gardes de sécurité privée avaient ouvert le feu.Le maire de Mogadiscio Abdirahman Omar Osman est allé à la rencontre de manifestants pour les exhorter à la retenue."Je condamne le meurtre du conducteur de tuk-tuk et du passager. La police est actuellement à la poursuite des coupables et donc j'appelle les chauffeurs de tuk-tuk à la retenue. Je leur demande de faire attention aux personnes mal intentionnées qui se mêlent à eux pour créer le chaos", a-t-il déclaré.Cet incident est le dernier en date d'une série de bavures présumées des forces de police, à Mogadiscio, la capitale somalienne par ailleurs cible régulière d'attaques des islamistes radicaux shebab."Ca arrive tous les jours et les forces de sécurité s'en sortent sans être inquiétées. Le gouvernement n'est intéressé que par les impôts qu'ils prélèvent sur ces jeunes gens mais nous leur disons que leurs vies comptent aussi", dénonçait samedi un chauffeur en colère, Mohamed Weli.
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